Infirmière suspendue pour port d'un calot : le tribunal administratif de Paris valide la sanction
Majdouline B., infirmière à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, a été déboutée de son recours en référé devant le tribunal administratif de Paris, mercredi 18 février. La juridiction a confirmé la suspension de huit mois prononcée par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour refus d'enlever son calot hors des interventions chirurgicales.
Une décision provisoire mais jugée proportionnée
Le tribunal a estimé que, au regard de la persistance de l'agente hospitalière à porter son calot en contradiction avec les règles d'hygiène et de sécurité des soins, la sanction n'était pas disproportionnée. « Cette décision présente toutefois un caractère provisoire et ne vaut que jusqu'à l'intervention du jugement au fond », a précisé le tribunal.
Le calot, un équipement de protection en tissu habituellement porté au bloc opératoire ou en réanimation, était arboré par Majdouline B. dans une version colorée avec des petits cœurs. Licenciée en novembre pour ce motif, elle avait obtenu en référé la suspension de la sanction et sa réintégration, avant que le tribunal ne revienne sur cette position début janvier.
Soutien syndical et politique face à une « croisade absurde »
Majdouline B., qui n'a jamais exprimé d'appartenance religieuse, affirme que le port de cet équipement relève de sa vie privée. Elle est soutenue par le syndicat SUD-Santé de la Pitié-Salpêtrière et la CGT. Blandine Chauvel, de SUD-Santé, dénonce « une croisade absurde des directions des hôpitaux de France contre des collègues perçues comme musulmanes », évoquant plus de 30 hôpitaux concernés en France.
La députée Sandrine Rousseau (Les Écologistes) a apporté son soutien à l'infirmière, déclarant : « On n'est plus dans la défense de la laïcité, on est plutôt dans le fantasme de l'ennemi de l'intérieur ». Lionel Crusoé, l'avocat de Majdouline B., regrette que le tribunal n'ait pas retenu le caractère disproportionné de la sanction, soulignant qu'en jurisprudence, une telle sévérité est réservée à des faits plus graves comme des agressions ou des détournements de fonds.
Contexte politique et prochaines étapes
Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), dont Blandine Chauvel sera tête de liste pour les municipales à Paris, a également exprimé son soutien. Mme Chauvel s'exprimera lors d'un meeting de campagne du NPA le 19 février à Paris. L'affaire, qui mêle questions de laïcité, de droits des agents publics et de sécurité sanitaire, reste en attente d'un jugement au fond pour trancher définitivement.



