L'ancienne présidente du CNPE réclame l'imprescriptibilité des crimes d'inceste
Impératif d'imprescriptibilité pour l'inceste selon Michèle Créoff

Face aux violences sexuelles qui touchent 160 000 enfants par an en France, l'ancienne présidente du Conseil national de protection de l'enfance (CNPE) Michèle Créoff réclame l'imprescriptibilité des crimes d'inceste. L'experte appelle à créer une culture collective de la protection des enfants, alors que seulement 1 % des plaintes aboutissent à une condamnation.

Un tabou universel et des chiffres alarmants

Michèle Créoff, ancienne inspectrice de l'Aide sociale à l'enfance, rappelle que l'inceste reste un tabou majeur. « Pour permettre à la société de se représenter ce que c’est, il faut sortir d’une représentation de la monstruosité exceptionnelle », explique-t-elle. Avec 160 000 enfants victimes chaque année, soit un par classe, elle insiste sur le fait que tout adulte peut être concerné.

Les signes d'alerte et la nécessité d'une vigilance collective

  • Maux de ventre, cauchemars, repli sur soi
  • Effondrement des résultats scolaires
  • Comportements problématiques

L'inceste survient dans des familles où le corps de l'enfant est mis à disposition. « C’est rarement une question de pédophilie, c’est un problème de domination », souligne Créoff.

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Une impunité qui perdure

Les chiffres sont éloquents : plus de 20 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, mais seulement 6 % des parents portent plainte dans les cas d'inceste. 94 % des victimes n'ont personne pour les aider, et 1 % des plaintes aboutissent à une condamnation. « Les agresseurs ne risquent rien et ils le savent », dénonce l'ancienne présidente.

L'imprescriptibilité comme solution

Pour changer le rapport de force, Michèle Créoff demande l'imprescriptibilité des faits : « Il faut que, toute leur vie, ils aient une épée de Damoclès au-dessus de la tête ». Cette mesure pourrait dissuader les agresseurs et encourager les victimes à parler.

Le rôle des associations et des politiques

L'association Face à l'inceste, avec seulement trois salariés, propose des formations et une plateforme d'information. Créoff souligne la nécessité de moyens accrus pour la protection de l'enfance. À l'approche de l'élection présidentielle, elle appelle les candidats à faire de ce sujet une priorité.

Enfin, elle salue la libération de la parole dans les médias et auprès des personnalités publiques, signe d'une société en mouvement. « On va tout faire pour que les candidats s'engagent », conclut-elle.

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