Violents home-jackings dans le Gard : deux accusés condamnés à 12 ans de prison
Le verdict est tombé ce mercredi 18 février devant la cour criminelle du Gard. Deux hommes, Manuel Jovanovich et Dominique Gimenez, ont été reconnus coupables de violents home-jackings perpétrés entre avril et mai 2024 dans plusieurs communes du département. Les deux accusés ont écopé de 12 ans de réclusion criminelle, une peine assortie d'une interdiction de port d'armes pour cinq ans et d'une inéligibilité de dix ans.
Des faits gravissimes contre des personnes âgées
Les faits reprochés sont particulièrement graves. Les deux hommes ont ciblé des personnes âgées dans différentes communes du Gard, utilisant la violence et des menaces de mort pour les délester de leurs biens. L'avocat général, lors de ses réquisitions, a qualifié ces actes de "gravissimes" et a pointé du doigt un "système de défense indigent" de la part des accusés.
Malgré des déclarations confuses et pleines de contradictions de la part des prévenus, le magistrat a établi une répartition claire des rôles. "Manuel est le chef", a-t-il affirmé, soulignant que ce dernier décidait du moment de passer à l'action, choisissait les victimes et retirait l'argent avec les cartes volées. Dominique, quant à lui, était présenté comme le complice chargé des repérages et de la détention de l'arme.
Réquisitions et réactions de la défense
L'avocat général avait requis 14 ans de prison pour Manuel et 12 ans pour Dominique, avec une mesure de sûreté correspondant aux deux-tiers de la peine. Ces réquisitions ont provoqué une vive réaction de la défense. Me Marc Gallix, avocat de Manuel, les a qualifiées de "sidérantes".
"Mon client avait 18 ans au moment des faits. À deux mois près, il passait devant la cour d'assises des mineurs avec une peine diminuée par deux", a-t-il plaidé, insistant sur l'absence d'antécédent judiciaire. Me Dounia Hamchouch, représentant Dominique, a reconnu le rôle "secondaire" de son client, qu'elle décrit comme un simple "suiveur", mais a contesté les accusations de manque de sincérité.
Les deux avocats ont plaidé pour des peines plus clémentes et ont demandé que la mesure de sûreté ne soit pas retenue. Ils ont également annoncé envisager la possibilité de faire appel de la décision rendue par la cour criminelle du Gard.
Un traumatisme profond pour les victimes
Le procès a mis en lumière le traumatisme subi par les victimes, des personnes âgées ayant été agressées dans leur propre domicile. L'avocat général a longuement rappelé ces souffrances lors de ses réquisitions, soulignant la gravité des violences et des menaces proférées.
Malgré les arguments de la défense, la cour a finalement retenu la culpabilité des deux hommes et les a condamnés à des peines sévères. L'affaire pourrait donc connaître un nouvel épisode judiciaire si la défense décide de se pourvoir en appel, comme elle l'a laissé entendre à l'issue du verdict.



