Des témoins de la guerre d’Algérie face aux lycéens de Raimu
Au lycée Jules-Raimu de Nîmes, les élèves de terminale ont vécu un cours d’histoire pas comme les autres. Dans le cadre du programme sur la décolonisation, trois membres de l’Office national des combattants et victimes de guerre (ONaCVG) sont venus raconter leur vécu de la guerre d’Algérie. Cette rencontre a été voulue par Fatna Okili, professeure d’histoire et de lettres, qui souhaitait donner une autre dimension à son enseignement.
Un cours immersif et concret
« La décolonisation est au programme des classes de terminale professionnelle. Je voulais proposer aux élèves un cours immersif, vivant et concret », explique l’enseignante. Face à une quarantaine de lycéens, Gaétan Bosse, Pierre Cherry et Salem Marchi ont livré des témoignages personnels sur cette période douloureuse de l’histoire française et algérienne.
Déconstruire les idées reçues
« L’objectif était de travailler sur un récit croisé pour faire comprendre aux élèves toute la complexité de cette guerre. Nous voulions déconstruire certaines idées reçues, notamment sur les harkis, qui ont eux aussi subi cette guerre. Chaque parcours est unique », poursuit Fatna Okili. Les élèves ont découvert une réalité loin d’une vision manichéenne du conflit.
Une tragédie humaine
« La guerre d’Algérie n’est pas une histoire avec des gentils d’un côté et des méchants de l’autre. C’est une tragédie humaine qui a touché tout le monde », insiste l’enseignante. Pour celle-ci, transmettre cette mémoire est essentiel. « On ne peut pas construire sa vie sans connaître le passé. Les générations doivent comprendre ce qu’il s’est passé pour vivre de manière apaisée. »
Un moment d’échange et de catharsis
Très attentifs, les lycéens ont multiplié les questions. Une manière différente d’apprendre l’histoire, à travers des récits incarnés et chargés d’émotion. « Beaucoup de personnes n’ont jamais raconté ce qu’elles avaient vécu. Pour les intervenants, ce témoignage a été une forme de catharsis », souligne Fatna Okili. Cette rencontre autour du devoir de mémoire a aussi permis de créer du lien entre générations et d’ancrer le cours dans le réel. Un moment fort pour les élèves comme pour les témoins venus partager leur histoire.



