L'ex-maire de Pourrières témoin assisté dans l'affaire de l'accident mortel de 2014
Ex-maire de Pourrières témoin assisté dans accident mortel 2014

L'ex-maire de Pourrières placé sous statut de témoin assisté dans une affaire d'accident mortel

L'ancien maire de Pourrières, Sébastien Bourlin, a été placé en septembre dernier sous le statut de témoin assisté dans une procédure de prise illégale d'intérêts ouverte en 2020. Cette affaire trouve son origine dans un tragique accident de la route survenu en mars 2014, qui a coûté la vie à deux lycéennes de 15 ans, Héléna Petrucci et Julia Brun.

Un drame qui aurait pu être évité

Selon les parents d'Héléna, l'accident qui a emporté leur fille et sa camarade aurait pu être évité si les termes du marché public avaient été respectés. Le 27 mars 2014, sur la Nationale 7 au niveau du chemin des Amandiers à Pourrières, le Citroën Jumpy affrété par la société de transports Bourlin, qui ramenait les deux adolescentes chez elles, a été percuté par l'arrière par un poids lourd. Le choc a été fatal pour les jeunes filles.

Stella et Jean-Jacques Petrucci, les parents d'Héléna, estiment que la commune de Pourrières, en tant qu'autorité organisatrice de second rang, aurait dû veiller au respect du cahier des charges. Le marché public stipulait l'utilisation d'un car d'une capacité de 20 à 29 personnes, et non d'un utilitaire. Des experts ont conclu qu'avec un car, l'accident n'aurait pas été mortel.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une double casquette problématique

Les époux Petrucci soulignent la confusion de genres : Sébastien Bourlin était à la fois maire de Pourrières et, selon eux, dirigeant de fait de la société de transports Bourlin. Ils affirment qu'il aurait dû prévenir l'entreprise du non-respect du marché. « Malgré ce qu'il affirme à longueur de temps, il était bien le dirigeant à l'époque », insiste Stella Petrucci, qui évoque également un possible faux en écriture concernant la signature de l'acte d'engagement du marché.

Le couple a déposé plainte avec constitution de partie civile pour prise illégale d'intérêts en mars 2017. Une instruction a été ouverte trois ans plus tard, mais les progrès ont été lents. Me Isabelle Colombani, l'avocate des parents, déplore cette lenteur : « Les dossiers sans détenu sortent trop peu souvent de l'armoire », tout en reconnaissant des hasards judiciaires comme des changements de juge ou des priorités données à d'autres procédures.

Un statut de témoin assisté qui laisse perplexe

Le 9 septembre 2025, à l'issue d'un interrogatoire, Sébastien Bourlin a été placé sous le statut de témoin assisté. Une décision qui laisse les parents des victimes perplexes. « On ne comprend pas cette décision. Tous les éléments pour une mise en examen sont là ! », s'exclame Stella Petrucci.

Me Colombani partage cette incompréhension : « On voit des élus être renvoyés en correctionnelle voire condamnés pour moins que ça. Cette double casquette portée par Sébastien Bourlin à l'époque n'est pas normale. » Elle souligne que l'utilisation d'un utilitaire plutôt qu'un car a permis à l'entreprise de réaliser des économies substantielles, ce qui renforce selon elle la thèse d'une prise illégale d'intérêts à motivation financière.

Une attente pesante pour toutes les parties

Du côté de l'ancien maire, l'attente est également source de tracas. Sébastien Bourlin, battu aux dernières élections municipales par Ninuwé Descamps, aurait exprimé aux enquêteurs sa lassitude et son sentiment d'être victime d'une cabale. Lui aussi attend que la justice se prononce.

Douze ans après le drame, les familles des victimes continuent de chercher des réponses, tandis que la procédure judiciaire avance lentement. Cette affaire met en lumière les complexités des marchés publics et les responsabilités des élus locaux en matière de sécurité.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale