Une nouvelle enquête judiciaire vise Christian Estrosi, ancien maire de Nice, et son épouse Laura Tenoudji, journaliste. Le parquet de Nice a ouvert une enquête préliminaire pour « recel de détournements de fonds publics », révélée par Le Figaro. Les investigations portent sur l'utilisation présumée de chauffeurs et de véhicules de la Ville de Nice pour des déplacements privés, sans lien avec des missions de service public.
Des auditions en cours
Selon une source proche du dossier, un premier chauffeur municipal a été entendu par les enquêteurs de la police judiciaire le mois dernier. Ses déclarations sont jugées « très importantes et éclairantes » pour la suite. Deux autres chauffeurs, quasi exclusivement attitrés à l'ancien maire, doivent être auditionnés prochainement. La majorité d'Éric Ciotti, nouveau maire de Nice, n'est pas à l'origine de cette enquête, assure un proche.
Un passif judiciaire déjà lourd
Cette affaire s'ajoute à une situation déjà complexe pour les époux Estrosi. En 2024, une enquête pour « prise illégale d'intérêts » avait été ouverte concernant la participation de Laura Tenoudji au Nice Climate Summit, soutenu financièrement par la municipalité. Les époux avaient été placés en garde à vue le 30 juin 2025, interrogés sur ce sommet mais aussi sur l'Eurovision junior 2024, organisée à Nice et coprésentée par Laura Tenoudji. Les subventions municipales pour ces deux événements cumulaient près d'un million d'euros.
Christian Estrosi et Laura Tenoudji ont toujours nié tout conflit d'intérêts, dénonçant une « instrumentalisation politique ». Après plus de 12 heures d'audition, aucune charge n'avait été retenue contre eux.
Une plainte pénale supplémentaire
En octobre dernier, une plainte pénale a été déposée au parquet national financier par un cabinet d'avocats parisien. Elle vise les rétributions perçues par les sociétés de conseil des époux Estrosi : Hopkins & Hopkins (détenue par Christian Estrosi) et Startup Story (fondée par Laura Tenoudji). Entre 2024 et 2025, ces sociétés auraient encaissé plus de 1,5 million d'euros d'honoraires.
Les investigations se poursuivent, et la justice rappelle la présomption d'innocence.



