Enseignant éloigné d’un lycée de Montpellier pour des propos outranciers
Enseignant éloigné d’un lycée de Montpellier

Un professeur du lycée Jean-Monnet de Montpellier aurait été mis en congé d’office par le rectorat, suite à de nombreux témoignages recueillis auprès d’élèves. Devant la gravité des faits, les personnels ont cessé le travail le 26 mai et vont alerter le procureur de la République.

Des propos inqualifiables rapportés par les élèves

Les témoignages recueillis auprès des élèves sont accablants. Parmi les phrases attribuées à cet enseignant : « Les filles, si vous avez des questions intimes, venez me voir à la fin du cours », ou encore « Je suis là pour vous accompagner dans votre future vie sexuelle ». Il aurait également tenu des propos déplacés sur le viol, en référence à Gisèle Halimi : « De toute façon, vous en connaissez beaucoup des filles qui se sont fait violer, vous ? ». D’autres élèves rapportent qu’il les forçait à enlever leurs pulls ou gilets sous peine d’exclusion, et qu’il aurait dit : « La dernière qui sort, je la mange toute crue ». Ces déclarations ne sont que des extraits d’une longue liste de comportements inappropriés.

Une situation connue depuis plusieurs mois

Le comportement du professeur était visiblement connu de longue date. Le mardi 26 mai, une quarantaine de personnels, dont une majorité d’enseignants, se sont réunis en assemblée générale et ont décidé de suspendre les cours l’après-midi. Leur inquiétude portait sur « le maintien devant les élèves d’un professeur dont les remarques et le comportement sont dénoncés par des élèves, des enseignants et des parents comme étant inappropriés ».

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Un enseignant a indiqué qu’un « premier signalement écrit par les enseignants a été communiqué au proviseur le 27 mars ». Un courrier a ensuite été envoyé au rectorat le 17 avril, resté sans réponse. Parallèlement, les représentants des parents d’élèves ont rencontré le proviseur avant de faire un signalement le 11 mai. C’est à la suite de cette ultime démarche que l’enseignant concerné a été reçu au rectorat le 12 mai.

Le rectorat réagit

Le rectorat de l’académie de Montpellier a communiqué sur la situation : « Une quarantaine d’enseignants du lycée Jean Monnet a débrayé ce jour dans un contexte de tensions autour d’un enseignant. Dès que nos services ont été informés de la situation de ce personnel, ils ont aussitôt engagé, en lien très étroit avec le chef d’établissement, toutes les procédures de suivi et d’accompagnement. L’enseignant concerné a d’ailleurs été reçu dans ce cadre au rectorat le 12 mai. » Le rectorat rappelle que tout signalement fait l’objet d’une attention immédiate et d’un traitement sans délai, dans le respect du cadre réglementaire.

Inquiétudes pour la rentrée

Les personnels ont appris indirectement que l’enseignant avait été mis en congé d’office pour deux mois. « La priorité absolue était que cet enseignant ne soit plus au contact des élèves. Mais que va-t-il advenir à la rentrée ? On ne veut pas que le problème soit reporté dans le temps. On ne veut pas non plus qu’il soit déplacé dans un autre établissement, comme cela a déjà été le cas », confie un enseignant. Selon les informations recueillies, cet enseignant aurait eu des problèmes dans d’autres lycées, et un proviseur aurait même entamé une démarche à son encontre il y a quelques années. L’an dernier, des comportements problématiques avaient déjà été signalés à Jean-Monnet, tant envers les élèves qu’envers ses collègues.

Un congé d’office basé sur le code de l’éducation

Selon l’article R911-36 du code de l’éducation, le directeur académique des services de l’éducation nationale peut, sur rapport des supérieurs hiérarchiques, mettre un fonctionnaire en congé d’office pour un mois avec traitement intégral s’il estime que son état fait courir un danger immédiat aux enfants. Pendant ce délai, le conseil médical est réuni pour avis sur une éventuelle prolongation.

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Les personnels alertent le procureur

Désormais, les personnels du lycée veulent alerter la justice en activant l’article 40 du code de procédure pénale, qui oblige tout fonctionnaire à signaler sans délai un crime ou un délit dont il a connaissance dans l’exercice de ses fonctions. En attendant une réponse, ils continuent de recueillir des témoignages. « On a besoin de comprendre et d’avoir des certitudes quant à la rentrée. Si aucune réponse ne nous est apportée, on prendra les mesures nécessaires », préviennent-ils, rappelant que les examens approchent.