Darmanin accélère les expulsions de détenus étrangers pour lutter contre la surpopulation carcérale
Darmanin accélère les expulsions pour désengorger les prisons

Le garde des Sceaux intensifie la lutte contre la surpopulation carcérale

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé une accélération des expulsions de prisonniers étrangers pour combattre ce qu'il qualifie de « fléau de la surpopulation » dans les prisons françaises. Dans un message publié sur X, il s'est félicité d'une augmentation de 70% de ces expulsions, soulignant que les détenus étrangers représentent environ 25% de la population carcérale et contribuent ainsi significativement à la surpopulation.

Des chiffres qui illustrent une situation tendue

Selon une note du ministère de la Justice, révélée par Europe 1 et consultée par l'AFP, la population pénitale s'élevait à 88.419 personnes au 1er avril 2026, dont 21.329 détenus étrangers, soit 24%. Ce chiffre marque une légère baisse par rapport aux 26% enregistrés à l'arrivée de Gérald Darmanin à la Chancellerie fin 2024. Les expulsions sont principalement effectuées via deux mécanismes : les « libérations conditionnelles-expulsion » (LCE) et les « reconnaissances mutuelles de jugement » entre pays.

La note ministérielle précise que le recours aux LCE a connu une progression notable, passant de 1.039 en 2023 à 1.500 en 2025, soit une hausse de 44%, avec une dynamique encore renforcée en 2026, affichant une augmentation de 33% par rapport à 2025 et de 70% par rapport à 2024. Malgré ces efforts, le système pénitentiaire français continue de battre des records de surpopulation mois après mois. Au 1er mars, le taux d'occupation globale atteignait 137,5%, avec 87.126 détenus pour moins de 63.500 places disponibles.

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Une crise systémique qui suscite des alertes syndicales

Cette surpopulation chronique affecte particulièrement les maisons d'arrêt, où sont incarcérées les personnes condamnées à de courtes peines ou en attente de jugement, donc présumées innocentes. Face à cette situation, le syndicat de surveillants Ufap-Unsa a appelé à un blocage des prisons le 27 avril, exigeant le pourvoir de 5.000 postes manquants et réclamant « des mesures d'urgence ».

Bien que « favorable à toutes mesures permettant de sortir de la crise carcérale actuelle », le syndicat appelle à la prudence quant à « l'efficacité immédiate de l'expulsion des détenus étrangers ». Wilfried Fonck, secrétaire national du syndicat, met en garde : « Nous prenons 200 détenus par semaine et la barre des 90.000 détenus devrait être franchie d'ici septembre prochain ». Il souligne également que la crise carcérale ne se limite pas à la surpopulation, évoquant 5.000 postes vacants et environ 5.000 agressions physiques par an de surveillants par des détenus.

Des appels à une régulation carcérale et des réponses ministérielles

Les syndicats et les professionnels du monde pénitentiaire, qui décrivent régulièrement un système au bord de l'explosion, plaident pour la mise en place d'un système de régulation carcérale. Cette approche viserait à ajuster la population pénitentiaire en limitant les entrées ou en facilitant les sorties pour éviter une surpopulation excessive.

De son côté, Gérald Darmanin a refusé le principe d'une « régulation carcérale » mais a exprimé en janvier sa volonté d'inscrire dans la loi « des objectifs clairs de 'numerus clausus' » dans les prisons. Cette proposition vise à établir des plafonds d'occupation pour mieux gérer les capacités d'accueil et réduire les tensions au sein des établissements pénitentiaires.

En résumé, la stratégie du ministre de la Justice repose sur une accélération des expulsions de détenus étrangers comme levier principal pour désengorger les prisons, tandis que les acteurs de terrain insistent sur la nécessité de mesures plus globales pour adresser une crise carcérale aux multiples facettes, allant de la surpopulation à la violence et aux pénuries de personnel.

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