Une accusation explosive en direct sur les ondes corses
Les auditeurs de la radio ICI RCFM ont été saisis par un témoignage inattendu, jeudi 2 avril. Une auditrice se présentant sous le prénom de Caroline a utilisé l'émission phare Forum pour dénoncer publiquement des agissements de corruption sexuelle attribués à un élu de premier plan en Corse. Sans le nommer explicitement à l'antenne, elle visait clairement Jean-Félix Acquaviva, ancien député nationaliste et conseiller territorial.
Des allégations précises et troublantes
Je vous appelle pour dénoncer le comportement inapproprié d'un élu, un ancien député, qui propose des postes en échange de faveurs sexuelles à des jeunes femmes, a déclaré l'auditrice avec fermeté. Elle a ajouté : Je le sais parce qu'il m'en a proposé, ainsi qu'à plusieurs femmes qui ont accepté ou pas. Ce monsieur est en ballottage pour être à la présidence de l'exécutif, et je ne comprends pas parce qu'apparemment tout le monde le sait.
La femme a affirmé pouvoir s'appuyer sur des preuves concrètes et ne pas être seule dans cette démarche : Nous sommes au moins trois, avec des preuves. J'espère que ça aidera d'autres femmes à se manifester par rapport à ces comportements inacceptables. Ces révélations ont provoqué une onde de choc immédiate dans le paysage politique insulaire.
Réaction judiciaire rapide et démenti ferme
Dès le lendemain, le parquet de Bastia a ouvert une enquête pour corruption passive, trafic d'influence et prise illégale d'intérêt. Le procureur Jean-Philippe Navarre a précisé que l'enquête viserait à vérifier la véracité ou non des faits dénoncés, tout en invitant les victimes éventuelles à se faire connaître.
Face à ces accusations, Jean-Félix Acquaviva a réagi par l'intermédiaire de son avocate, Me Cynthia Costa-Sigrist. Dans un communiqué lu sur la même radio ICI RCFM, elle a opposé un démenti catégorique : Des accusations graves et totalement fausses ont été publiquement portées à son encontre. La diffusion de ces propos sans vérification ni contradiction constitue une mise en cause grave et injustifiée de son honneur, de sa probité.
L'avocate a également rappelé le principe de présomption d'innocence et annoncé son intention d'engager des poursuites judiciaires contre l'auditrice pour ses propos.
Un contexte politique sensible
Jean-Félix Acquaviva n'est pas un inconnu de la scène politique corse. Député de Haute-Corse entre 2017 et 2024, il est considéré comme l'un des principaux lieutenants de Gilles Simeoni, leader du parti autonomiste Femu a Corsica. Après sa défaite aux dernières législatives, il a été nommé à la présidence de l'Office des transports de la Corse en février 2025.
L'élu est par ailleurs déjà connu de la justice. En novembre 2022, il avait été condamné pour favoritisme dans une affaire d'attribution de marché public concernant la commune de Lozzi, dont il était maire de 2008 à 2017. Cette condamnation antérieure ajoute une dimension particulière aux accusations actuelles.
L'affaire survient à un moment crucial, alors que Jean-Félix Acquaviva figure parmi les élus pressentis pour succéder à son cousin Gilles Simeoni à la tête de l'exécutif de la Collectivité de Corse, après l'élection de ce dernier comme maire de Bastia le 22 mars. Les répercussions politiques de ces révélations pourraient être significatives.



