La justice se penche à nouveau sur les mystères entourant la mort de l’ancien ministre du Travail Robert Boulin en 1979. Trois juges d’instruction du pôle « cold cases » ont été désignés pour enquêter sur cette mort non élucidée, a annoncé lundi la présidence du tribunal judiciaire de Nanterre. Ces magistrats « vont désormais pouvoir reprendre l’instruction de cette affaire » et « poursuivre de nouvelles investigations sans délai », a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Un dossier transféré au pôle des crimes sériels
Le dossier était initialement instruit à Versailles, jusqu’à ce qu’une ordonnance de dessaisissement soit rendue le 28 avril, au profit du pôle des crimes sériels et non élucidés (PCSNE), dit « cold cases ». Le 26 juin, le parquet de Nanterre a saisi la présidence du tribunal pour requérir la désignation d’un juge d’instruction du PCSNE dans l’information judiciaire pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivie de mort, et assassinat de Robert Boulin.
La famille penche pour un « assassinat politique »
Le 30 octobre 1979, le corps de ce gaulliste historique est retrouvé dans un étang de Rambouillet (Yvelines). Alors ministre du Travail du gouvernement de Raymond Barre, il avait 59 ans. Il était alors perçu comme un potentiel Premier ministre désireux d’incarner, selon sa fille Fabienne Boulin-Burgeat, « une troisième voie contre l’ultracapitalisme ».
La justice a conclu à un suicide. Cependant, sa famille privilégie la thèse de « l’assassinat politique », dans un contexte marqué, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, par la mort de trois ministres. Selon Fabienne Boulin-Burgeat, « la thèse du suicide est impossible compte tenu des preuves matérielles et des témoignages ». Elle ajoute : « Mon père était un homme d'État intègre, et sa mort sert des intérêts que nous voulons voir éclaircis. »



