Un château millénaire au cœur d'une bataille judiciaire
Perché sur son éperon rocheux, le château millénaire de La Barben, situé dans les Bouches-du-Rhône, est transformé en parc d'attractions. Ce site, appelé Rocher Mistral, est au centre d'un litige opposant son propriétaire, proche de Vincent Bolloré, à la municipalité. Les infractions au code de l'urbanisme et une relecture jugée conservatrice de l'histoire provençale alimentent la discorde.
Le contentieux devant la justice
Le maire de La Barben, Franck Santos, et Vianney d’Alançon, promoteur du parc, se sont affrontés devant les tribunaux. La cour d'appel d'Aix-en-Provence doit rendre sa décision mercredi, ce qui pourrait sceller l'avenir du site. En attendant, le parc a rouvert début avril pour sa cinquième saison, proposant une déambulation immersive mêlant effets spéciaux et jeux d'eau.
Un projet contesté
Le Rocher Mistral se présente comme un parc culturel célébrant la Provence. Il met en scène des épisodes locaux comme les aventures du corsaire Claude Forbin ou la révolte paysanne des Cascaveous. Cependant, ces aménagements dans un monument classé ont provoqué l'ire de la municipalité, de l'association France Nature Environnement et des anciens propriétaires. Le maire dénonce des travaux réalisés sans autorisation, tandis que la préfecture confirme des infractions constatées par la DRAC dès 2021.
Des infractions environnementales
Sur le plan environnemental, le Conseil national de la protection de la nature a émis un avis défavorable, notamment en raison de l'impact sur des espèces protégées comme les chauves-souris. Les détracteurs critiquent aussi une vision partiale de l'histoire régionale. Le maire estime que les récits proposés ne correspondent pas à la culture provençale authentique.
Le propriétaire et ses ambitions
Vianney d’Alançon, entrepreneur de 40 ans ayant fait fortune dans la bijouterie religieuse, affirme vouloir protéger le patrimoine. Il est également à la tête de l'École supérieure de journalisme de Paris, rachetée par des milliardaires conservateurs. Malgré les critiques, le directeur du parc rejette toute politisation du projet. En 2025, les châteaux ont été vandalisés avec des inscriptions hostiles.
Une condamnation en première instance
En 2024, la société Rocher Mistral et son propriétaire ont été condamnés à 80.000 euros d'amende pour infractions au code de l'urbanisme, avec obligation de remise en état. Le directeur assure que la plupart des infractions ont été corrigées. Le maire espère que l'appel permettra une négociation pour un projet bénéfique à l'économie locale. Les visiteurs, quant à eux, semblent séduits par cette nouvelle vie du château.



