Calais : deux salariés de Burger King jugés pour harcèlement moral après le suicide d'une jeune employée
Une tragédie qui éclaire les pratiques toxiques en milieu professionnel. Sylvana Dufossé, une jeune femme de 20 ans employée au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026. Trois mois après ce drame, la justice avance : deux de ses collègues du fast-food seront jugés en décembre prochain pour harcèlement moral.
Des poursuites judiciaires engagées
À l'issue de leurs gardes à vue jeudi soir, des convocations par officier de police judiciaire ont été remises aux deux prévenus pour être jugés, a indiqué la procureure de Boulogne-sur-Mer, Cécile Gressier. Les deux hommes, un collègue de même niveau hiérarchique et un supérieur direct de hiérarchie intermédiaire, doivent comparaître le 10 décembre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer.
Un harcèlement quotidien dénoncé
Selon la plainte déposée par la sœur de la victime, Angelina Dufossé, le 13 janvier, Sylvana subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais. Cette plainte, consultée par l'AFP, a été confirmée par plusieurs témoins, d'autres salariés du même établissement s'étant joints à la démarche.
Une affaire qui dépasse le cas individuel
Le procès à venir est un soulagement pour la famille, car nous redoutions que l'affaire soit classée sans suite, a déclaré Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, qui lutte contre le harcèlement. C'est une première étape, mais l'objectif reste qu'ils soient condamnés, pour Sylvana et pour toutes les victimes de harcèlement au travail. Il faut que cela cesse.
Un contexte de plaintes répétées
Cette affaire n'est pas isolée. En mai 2025, une ancienne employée du même restaurant, Séphina Lapotre, avait déjà déposé plainte pour harcèlement moral lié à sa religion et à son port du voile. De son côté, Burger King avait déclaré en février qu'un audit RH réalisé à sa demande dans le restaurant de Calais avait été partagé aux autorités compétentes et que les deux salariés concernés étaient suspendus.
Le dossier judiciaire, dont l'AFP a obtenu une copie via la sœur de la victime, partie civile, révèle ainsi un schéma préoccupant de comportements toxiques au sein de cet établissement. Le procès de décembre sera donc scruté de près, tant pour rendre justice à Sylvana Dufossé que pour envoyer un signal fort contre le harcèlement en entreprise.



