Double assassinat de Bastia-Poretta : le principal accusé reconnaît les faits mais conteste la bande organisée
Lundi 4 mai, le procès en appel du double assassinat de Bastia-Poretta s'est ouvert à Aix-en-Provence devant la cour d'assises spéciale des Bouches-du-Rhône. Dans une atmosphère étonnamment calme, les accusés ont pu se saluer et s'embrasser, sans intervention des hommes cagoulés présents dans la salle. Le banc des parties civiles, comme souvent dans les affaires de grand banditisme corse, était quasi-vide.
La présidente de la cour, d'un ton presque enjoué, a déclaré le procès ouvert, lançant les débats d'un marathon judiciaire qui doit s'achever début juillet. Cette affaire concerne l'exécution de Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini, le 5 décembre 2017, sur le parvis de l'aéroport de Bastia-Poretta. Une vendetta menée par des fils des barons de la Brise de Mer, le plus puissant clan criminel de l'île depuis l'après-guerre.
Le principal accusé, fils d'un baron de la Brise de Mer, a immédiatement reconnu sa culpabilité dans les deux meurtres. Il a déclaré : « Je suis responsable des faits, mais pas en bande organisée. » Il a ensuite longuement évoqué ses huit dernières années de détention, revenant sur les conditions de son incarcération et son parcours carcéral.
Ce procès en appel contraste fortement avec celui de première instance, tenu en 2024, qui s'était déroulé dans une ambiance électrique et s'était achevé dans une salle quasi-vide. Les principaux accusés avaient alors refusé de comparaître et récusé leurs avocats, se retrouvant sans défense pour protester contre le calendrier des audiences.
L'enjeu de ce nouveau procès est de taille : il s'agit de juger à nouveau les responsables de ce double assassinat qui avait choqué la Corse et la France entière. La qualification en bande organisée, contestée par l'accusé, est un élément clé des débats. Si elle est retenue, elle alourdit considérablement les peines encourues.
Les parties civiles, bien que peu nombreuses, attendent des réponses et une reconnaissance des faits. La famille des victimes espère que la justice sera rendue, après des années de procédure et de silence.
Le procès doit se poursuivre pendant plusieurs semaines, avec l'audition de nombreux témoins et experts. La cour d'assises spéciale, composée de magistrats professionnels, devra se prononcer sur la culpabilité de chacun des accusés et sur les circonstances exactes du double meurtre.
Cette affaire, symbole de la violence du grand banditisme corse, continue de hanter l'île. La Brise de Mer, bien que décapitée par les arrestations et les condamnations, reste une référence dans l'histoire criminelle de la Corse. Le procès en appel de Bastia-Poretta est l'occasion de faire la lumière sur l'un de ses épisodes les plus sanglants.



