Interrogé mercredi par BFMTV, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a exprimé des réserves sur la justice française. À la question de savoir s'il a confiance en celle-ci, sa réponse fut laconique : « Ça dépend ».
Des décisions incomprises
Depuis le Parlement européen de Strasbourg, l'eurodéputé a justifié sa position en évoquant des cas de récidive où des individus, après de multiples passages en prison ou en garde à vue, sont remis en liberté. « Il y a des millions de Français qui ne comprennent pas ces décisions et je fais partie de ces millions de Français », a-t-il déclaré.
Refusant la « langue de bois », celui qui pourrait être candidat à la présidentielle de 2027 pour le RN affirme « comprendre, accepter et tolérer certaines décisions de justice », tandis que d'autres le « révoltent ».
Les juges « ne doivent pas faire de politique »
Jordan Bardella a lancé un appel aux magistrats : « Les juges ne doivent pas faire de politique ». Il a repris un argument récurrent chez les cadres du RN depuis 2024, citant le cas d'une magistrate qui aurait déclaré : « Je n'ai pas d'éléments concernant l'un des dossiers des prévenus, mais ça me ferait trop mal de demander la relaxe ». Selon lui, de telles paroles « jettent le discrédit sur la confiance qu'on peut accorder à certaines décisions de justice ».
Cette allusion renvoie à l'affaire des assistants des eurodéputés du Front national, pour laquelle Marine Le Pen a été condamnée en première instance à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate. Elle a fait appel, et la décision de la Cour d'appel est attendue d'ici à l'été.
Toutefois, comme l'expliquait France Info en novembre 2024, la déclaration de la procureure citée par Bardella doit être remise dans son contexte. Selon nos confrères, il ne s'agissait pas d'une déclaration à visée politique, mais plutôt d'un commentaire sur les faits reprochés à un ancien assistant parlementaire.



