La chroniqueuse Barbara Lefebvre, connue pour ses interventions sur RMC et i24 News, sera jugée en septembre à Paris pour apologie de crime contre l'humanité et provocation à la haine raciale. Ses propos controversés, dans lesquels elle appelait à « vider Gaza », ont suscité l'indignation et conduit à cette convocation judiciaire. Déjà condamnée récemment pour injure publique, elle conteste les accusations et invoque une mauvaise interprétation de ses déclarations.
Des propos qui font polémique
En février 2025, sur la chaîne i24 News, Barbara Lefebvre avait affirmé qu'il fallait « vider Gaza », comme le proposait alors le président américain Donald Trump. « Il faut que ces gens-là aillent vivre ailleurs », avait-elle ajouté. Ces déclarations ont été largement critiquées, notamment par des associations de défense des droits humains et des syndicats de journalistes.
Dans une « mise au point » publiée sur le site de la chaîne, elle avait assuré que « vider Gaza » ne « signifie en rien exterminer les Palestiniens ». Cependant, la justice a estimé que ces propos relevaient de l'apologie de crime contre l'humanité et de la provocation à la haine raciale.
Une précédente condamnation
Mi-avril, Barbara Lefebvre a été condamnée à une amende de 1 000 euros pour injure publique par le tribunal correctionnel de Paris, pour des propos tenus sur RMC et RMC Story en 2024. Elle avait alors déclaré, à propos des gens du voyage : « Non, ils n'ont pas les codes d'une société civilisée. Alors ils vivent selon leurs règles. » Elle a fait appel de ce jugement.
L'association SOS Racisme, partie civile dans cette affaire, s'est félicitée du rappel par le tribunal que « ces déclarations contribuent à nourrir des préjugés profondément ancrés et donc un racisme qui ne doit pas avoir de place dans le débat public ».
Réactions et conséquences
Après ses propos sur Gaza, les syndicats SNJ et CGT de RMC BFM ont demandé son retrait de l'antenne, dénonçant « le caractère haineux de ses propos ainsi que la désinformation ». RMC avait alors indiqué que, « d'un commun accord », Barbara Lefebvre suspendait « temporairement sa participation » aux « Grandes gueules ». Elle doit y revenir en mai.
Le groupe RMC BFM avait réaffirmé « son engagement dans la lutte contre toutes les formes de discriminations » et rappelé « son attachement au respect » de « la présomption d'innocence ».
La défense de Barbara Lefebvre
Sur le réseau social LinkedIn, l'intéressée s'est défendue mercredi : « Être 'renvoyée' devant une cour ne fait de vous ni un coupable, ni un condamné, ni un délinquant (de la parole). » Son avocat, Me Michel Laval, a confirmé qu'elle « conteste cette qualification ».
L'audience est prévue le 23 septembre devant la 17e chambre correctionnelle de Paris.



