Assassinat d'une professeure à Saint-Jean-de-Luz : 15 ans de prison pour le lycéen
Assassinat d'une professeure : 15 ans de prison pour le lycéen

Le lycéen qui avait tué sa professeure d'espagnol, Agnès Lassalle, avec un couteau au lycée Saint-Thomas-d'Aquin de Saint-Jean-de-Luz en février 2023 a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques, ce vendredi 24 avril. Après quatre jours de procès, la cour a également prononcé un suivi socio-judiciaire pendant dix ans.

Un geste prémédité

Le 22 février 2023, l'adolescent, alors âgé de 16 ans, avait poignardé sa professeure en plein cours. Il avait prémédité son acte en plaçant un couteau de 18 centimètres dans son sac à dos la veille. La cour a estimé que son discernement était altéré au moment des faits en raison de son état dépressif et des médicaments qu'il prenait. Elle a rappelé « la gravité incontestable des faits sur une professeure dévouée et excellente, au caractère joyeux » et a jugé que l'accusé présentait « une prise de conscience modérée, avec un risque de récidive ».

Des familles unies dans la douleur

Le procès, tenu à huis clos en raison de la minorité de l'accusé, a été marqué par le profond respect entre les familles. Sylvie Ducourau, sœur de la victime, et Stéphane Voirin, son compagnon, ont fait preuve d'empathie et de compassion envers les parents de l'accusé. Une attitude saluée par les avocats de la partie civile, Mes Sébastien Binet et France Deiss-Rabbé, qui ont souligné le contraste avec l'accusé, décrit comme « apathique avec un criant manque d'empathie ».

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Des excuses tardives

Ce n'est que le troisième jour du procès que l'adolescent a présenté ses excuses et demandé pardon. Tout au long des débats, il a tenté de comprendre son geste sans y parvenir. Brillant dans certaines matières mais mal à l'aise à l'école, il souffrait de harcèlement, de dépression et avait des idées suicidaires. Il était suivi psychologiquement et prenait des psychotropes, mais son psychiatre n'avait pas décelé de dangerosité.

L'avocat de la défense, Me Thierry Sagardoytho, a plaidé pour une altération du discernement, comme le suggérait la deuxième expertise psychiatrique. La première expertise concluait à une pleine responsabilité, la troisième à une abolition du discernement, qui aurait conduit à l'irresponsabilité pénale, mais cette dernière a été écartée.

Un « ouragan psychique »

Selon la défense, le geste reste inexpliqué. « Il a mal vécu l'épisode où, la veille, il assène une gifle à un camarade, avant de s'excuser. Tout cela a créé, tout au long de la soirée et jusqu'au geste, une sorte d'ouragan psychique qui l'a amené à s'emparer de cette arme et à venir au lycée », a expliqué Me Sagardoytho. « À aucun moment, dans les heures qui ont précédé le drame, il ne parle de l'intention de tuer Agnès Lassalle. »

Les avocats de Stéphane Voirin ne contestaient pas l'altération du discernement. « Si Agnès Lassalle avait été là, elle aurait été très mal à l'aise parce que ce n'était pas sa place. En général, elle était face à des élèves dans une salle de classe et n'avait jamais été face à un élève dans un tribunal. Personne n'a envie de combattre un enfant, pas même Agnès Lassalle », ont-ils plaidé.

« La petite fée »

Au moment du verdict, les parents de l'accusé se sont longuement enlacés, réconfortés par des proches de Stéphane Voirin. « On est tous parents, ça doit être très dur pour eux aussi, et il ne faut pas juger. C'est l'acte d'un crétin », a déclaré ce dernier à la sortie de l'audience. « Agnès Lassalle, elle sera toujours la petite fée qui veille sur nous », a-t-il ajouté avec un sourire soulagé.

La famille de la victime est restée discrète, à l'image de la professeure. « Elle pense à Agnès ainsi qu'aux autres victimes, aux élèves et à la communauté enseignante », a brièvement déclaré leur avocat, Nicolas Rothé de Barruel. Une dizaine de professeurs et le directeur du lycée Saint-Thomas-d'Aquin étaient présents pour soutenir la famille, portant un ruban vert pour dire « non à la violence en milieu scolaire ».

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