Des appels nocturnes suspects éveillent l'attention en prison
À la fin de l'été 2025, des comportements inhabituels ont été observés au sein du tout nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) du centre de détention de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Des agents pénitentiaires ont été alertés par des appels téléphoniques longs et récurrents, souvent passés au beau milieu de la nuit, émanant d'un détenu spécifique.
Un détenu au profil particulier
Selon une source syndicale locale, il s'agit de Gabriel Ory, considéré comme un chef présumé de la DZ Mafia. Cette organisation, devenue l'une des plus grosses entités de narcotrafiquants en France, voit l'un de ses membres présumés incarcéré au QLCO depuis quelques semaines seulement. Les habitudes téléphoniques de ce détenu ont rapidement suscité des interrogations.
Gabriel Ory téléphone quasi tous les jours à son conseil légal, et ces conversations se déroulent systématiquement entre minuit et 1h30 du matin. Certains de ces échanges durent plus d'une heure et demie, une durée exceptionnelle pour des appels en milieu carcéral, surtout à une heure aussi tardive.
La ligne enregistrée au nom d'un avocat lyonnais
La ligne utilisée pour ces communications est officiellement enregistrée par l'administration pénitentiaire et par l'opérateur téléphonique au nom de Maître Kamel Aissaoui. Cet avocat lyonnais, âgé de 49 ans, est également le conseil d'Amine Oualane, un autre chef présumé de la DZ Mafia. En sa qualité d'avocat, il est le seul interlocuteur du détenu pour lequel les discussions bénéficient d'une protection absolue : elles ne peuvent être ni écoutées, ni enregistrées, au nom du sacro-saint droit de la défense.
Des doutes persistent parmi le personnel pénitentiaire
Cependant, la fréquence et le timing de ces appels ont semé le doute parmi certains agents. "Mais vu l'heure et le nombre de coups de fil, on s’est dit que soit l’avocat était sincèrement dévoué… Soit il y avait un loup", confie la même source pénitentiaire. Cette remarque souligne la tension entre le respect des droits de la défense et la vigilance nécessaire dans un quartier dédié à la lutte contre le crime organisé.
La situation met en lumière les défis opérationnels auxquels sont confrontées les autorités pénitentiaires lorsqu'elles doivent concilier la surveillance stricte des détenus liés à des réseaux criminels sophistiqués et le respect des garanties légales fondamentales, comme le secret des communications avec un avocat. L'affaire pourrait conduire à des réflexions sur les protocoles de surveillance dans des contextes aussi sensibles.



