Procès en appel de Samuel Paty : Brahim Chnina assume enfin une part de responsabilité
Appel Samuel Paty : Brahim Chnina assume sa responsabilité

Un procès en appel marqué par des aveux tardifs

Un procès en appel ne constitue jamais une simple répétition du premier jugement, tout en conservant les mêmes fondements juridiques. Quatorze mois après sa condamnation initiale à treize années de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste, Brahim Chnina a de nouveau comparu devant la cour d'assises d'appel spéciale de Paris, ce mercredi 18 février. Cette audience a révélé une évolution notable dans son attitude, contrastant fortement avec sa posture lors du premier procès.

Des excuses historiques et une reconnaissance de responsabilité

Dès l'ouverture de son interrogatoire, Brahim Chnina, âgé de 54 ans mais paraissant nettement plus âgé après cinq années et demie de détention, a surpris l'assemblée par des déclarations assumant enfin une part de responsabilité. Je commence par m'excuser auprès de Monsieur Paty, de toute sa famille, de tous les professeurs de France, a-t-il affirmé, évoquant une culpabilité persistante qui le hante quotidiennement. Cette prise de parole marque un revirement significatif par rapport à son procès en première instance, où il s'était principalement présenté en victime et avait rejeté la faute sur sa fille.

Le prévenu a poursuivi en reconnaissant explicitement son rôle central dans la tragédie : Ma fille me dit que tout est à cause d'elle, et moi je lui dis que tout est à cause de moi car je suis plus âgé et responsable. Il est même allé au-delà des attentes probables de sa défense en déclarant : Tous ceux qui sont dans le box sont là à cause de moi, à cause d'une vidéo non réfléchie. Je m'en veux tellement, j'ai honte pour le reste de ma vie.

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Un positionnement qui vacille face aux interrogations

Cependant, au fil des questions des magistrats, le positionnement de Brahim Chnina a montré des faiblesses et des contradictions. Progressivement, sont réapparus les traits du prévenu observés lors du premier procès : un homme usé, confus, et incapable d'expliquer clairement les motivations profondes de sa colère envers Samuel Paty. Selon ses dires, c'est principalement l'exclusion de sa fille pour deux jours qui aurait provoqué son indignation, bien avant les questions de discrimination religieuse ou de blasphème.

Il a maintenu que la dimension religieuse – notamment l'accusation selon laquelle Samuel Paty aurait proposé aux élèves musulmans de quitter la salle avant la diffusion d'une caricature de Mahomet – ne serait intervenue que secondairement dans son raisonnement. Tout s'est mélangé, a-t-il résumé, sans parvenir à démêler précisément les différents éléments ayant alimenté sa campagne de haine.

Cette audience d'appel soulève donc des questions cruciales sur l'évolution réelle du prévenu et la sincérité de ses regrets. Alors que la justice examine à nouveau son degré de responsabilité dans l'engrenage ayant conduit à l'assassinat du professeur d'histoire-géographie le 16 octobre 2020, les déclarations de Brahim Chnina restent empreintes d'ambiguïtés, malgré ses excuses publiques et sa reconnaissance partielle des faits.

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