Appel de Marine Le Pen : les peines confirmées en partie
Appel Marine Le Pen : peines confirmées en partie

La cour d'appel de Paris a rendu son verdict ce mardi 7 juillet 2026 dans le procès en appel de Marine Le Pen et de 24 autres prévenus impliqués dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (FN, devenu Rassemblement national). La peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire a été confirmée pour Marine Le Pen, une décision qui pourrait compromettre sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Cependant, la cour a réduit certaines peines pour d'autres prévenus, notamment en matière de prison avec sursis.

Les peines principales confirmées

Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics pour avoir utilisé des fonds alloués par le Parlement européen pour rémunérer des assistants qui travaillaient en réalité pour le parti. La cour d'appel a maintenu la peine de quatre ans de prison, dont deux ans ferme, aménageables sous bracelet électronique, ainsi qu'une amende de 100 000 euros. L'inéligibilité de cinq ans, assortie d'une exécution provisoire, reste le principal obstacle à ses ambitions politiques. Selon son avocat, Me Rodolphe Bosselut, une pourvoi en cassation est envisagé.

Des peines réduites pour d'autres prévenus

Parmi les 25 prévenus, plusieurs ont vu leurs peines allégées en appel. Louis Aliot, maire de Perpignan, a vu sa peine de prison avec sursis réduite de 18 à 12 mois, et son inéligibilité de trois ans a été confirmée. L'ancien vice-président du FN, Jean-François Jalkh, a vu sa peine de prison ferme de 18 mois transformée en sursis. Le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, a vu son amende réduite de 50 000 euros à 30 000 euros. Au total, 12 prévenus ont obtenu une réduction de peine, tandis que 13 autres ont vu leurs peines confirmées.

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Les réactions politiques

Marine Le Pen a qualifié le verdict de « décision politique » et a dénoncé une « injustice ». Sur X (anciennement Twitter), elle a écrit : « La justice m'a été refusée. Je me battrai jusqu'au bout pour démontrer mon innocence. » Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a exprimé son soutien, affirmant que « cette décision est une tentative d'écarter Marine Le Pen de la vie politique ». En revanche, des associations anti-corruption comme Anticor ont salué la décision, estimant qu'elle « envoie un signal fort contre l'impunité des élus ».

Les implications pour la présidentielle de 2027

L'exécution provisoire de l'inéligibilité rend Marine Le Pen inéligible dès maintenant, ce qui l'empêche de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, sauf si un pourvoi en cassation aboutit à une suspension de la peine. Selon un sondage Ipsos réalisé en juin 2026, Marine Le Pen recueillerait 32 % des intentions de vote au premier tour, mais cette condamnation pourrait rebattre les cartes. Le Rassemblement national pourrait devoir désigner un autre candidat, comme Jordan Bardella, qui est crédité de 25 % des intentions de vote dans un scénario sans Marine Le Pen.

Le contexte de l'affaire

L'affaire des assistants parlementaires du FN concerne des emplois fictifs au Parlement européen entre 2004 et 2016. Les prévenus sont accusés d'avoir utilisé des fonds européens pour payer des assistants qui travaillaient en réalité pour le parti, causant un préjudice estimé à 6,8 millions d'euros. Le procès en première instance avait eu lieu en 2024, et les peines avaient été prononcées en mars 2025. La cour d'appel a examiné les recours de 25 prévenus, dont Marine Le Pen, son père Jean-Marie Le Pen (déclaré inapte à comparaître) et d'autres cadres du parti.

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