Un verdict attendu au tribunal correctionnel de Nice
Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict ce lundi 11 mai 2026 dans l'affaire Joël Calmet, un ancien pilote de chasse et pilote de ligne de 73 ans, jugé pour des agressions et atteintes sexuelles sur deux mineures de moins de 15 ans, commises en 2013. Condamné à 24 mois d'emprisonnement avec mandat de dépôt à effet différé, ainsi qu'à une amende de 8 000 euros, il devra également respecter une interdiction d'exercer une activité en lien avec des mineurs pendant dix ans et faire l'objet d'un suivi sociojudiciaire de cinq ans.
Des faits révélés par une collégienne
L'affaire a éclaté en novembre 2019, lorsqu'une collégienne s'est confiée à l'assistante sociale de son établissement à Nice. Elle a déclaré avoir subi, plusieurs années auparavant, des attouchements sexuels répétés de la part de l'ami de sa mère, Joël Calmet, qui la gardait parfois avec sa sœur. À l'époque, l'adolescente ignorait que le mis en cause était en réalité son père. Sa sœur aînée aurait également été victime de faits similaires.
Lors de son audition, la mère des victimes a expliqué ne pas avoir porté plainte pour éviter de faire du mal à la famille. Elle a relaté avoir confronté Joël Calmet après les révélations de ses filles. Selon elle, il est devenu tout minable, il chouinait, et a déclaré qu'il voulait leur apporter de la douceur.
Des explications ambiguës à la barre
Les fillettes évoquent des faits commis alors qu'elles avaient 5 et 8 ans. L'aînée se souvient d'une scène survenue au domicile parental. À la barre, Joël Calmet reconnaît certains gestes mais conteste toute intention sexuelle. Il raconte un épisode de chatouilles au cours duquel la fillette aurait insisté pour jouer à un jeu à connotation sexuelle en s'allongeant sur le lit. La petite fille de 8 ans lui aurait lancé : « Fais de moi ce que tu veux ». Il affirme avoir joué le jeu pour ne pas la déstabiliser. La présidente Agnès Vadrot l'a immédiatement repris : « Donc de jouer le jeu sexuel avec elle ? » Le prévenu raconte des bisous sur le ventre et un sur le mont de Vénus.
Des déclarations accablantes de l'ex-compagne
Durant l'enquête, l'ancienne compagne du prévenu a livré des déclarations particulièrement accablantes. Elle a affirmé que Joël Calmet nourrissait des fantasmes impliquant des enfants. « Il parlait d'enfants et cela le faisait jouir », avait-elle déclaré aux enquêteurs.
Des voyages en Thaïlande au cœur des débats
Les fréquents voyages en Thaïlande du prévenu ont également été évoqués à l'audience. La partie civile, représentée par Me Bénédicte Page-Cohen, a dénoncé une réputation inquiétante ainsi qu'une maison à Pattaya, présentée comme le point culminant de ce tourisme sexuel.
Les réquisitions du parquet
Dans ses réquisitions, la procureure Sabine Neale a rappelé que l'affaire ne relevait pas d'une judiciarisation forcée des enfants ou de leur mère. Elle a requis 30 mois d'emprisonnement ferme avec effet différé et 10 000 euros d'amende. « L'ancienneté des faits n'éclipse en rien leur gravité », a-t-elle insisté, évoquant des fantasmes dirigés vers des enfants susceptibles de perdurer encore aujourd'hui.
La défense plaide la relaxe
Face à ces accusations, Me Éric Borghini a plaidé la relaxe. L'avocat s'est attaqué aux expertises psychologiques et à la crédibilité de l'ancienne compagne du prévenu, placée sous tutelle pour problèmes psychiatriques. Selon lui, une seconde expertise n'aurait révélé aucune dangerosité ni aucune prédisposition aux faits reprochés. « À 73 ans, pas de plainte, pas de signalement, rien », a insisté Me Borghini avant de conclure : « On ne devient pas pédophile à 60 ans ».
La décision du tribunal
Le tribunal correctionnel de Nice a finalement condamné Joël Calmet à 24 mois d'emprisonnement, assortis d'un mandat de dépôt à effet différé, ainsi qu'à 8 000 euros d'amende. Il devra également respecter une interdiction d'exercer une activité en lien avec des mineurs pendant dix ans et faire l'objet d'un suivi sociojudiciaire de cinq ans. Enfin, il a été condamné à verser 2 500 euros à chacune des victimes au titre du préjudice moral et 2 000 euros pour les frais d'avocat.



