Christophe L., 57 ans, comparaît depuis ce vendredi 29 mai devant la cour d’assises du Gard pour viol avec torture et violences aggravées. Il est accusé d’avoir infligé des sévices physiques et sexuels à un ancien collègue de travail entre 2017 et le 17 août 2018 à Alès, période durant laquelle la victime était hébergée à son domicile. Il encourt la réclusion criminelle.
Des faits qualifiés d'"abominables"
Les faits ont été dénoncés par la fille de l’accusé dans le cadre d’une autre affaire, une gifle donnée au fils de la voisine. Lors de son audition, la jeune fille a évoqué les viols que son père aurait commis contre son ami. La voisine, témoin indirect, a confirmé avoir entendu des scènes "abominables". Selon elle, l’accusé aurait procédé à des pénétrations avec des ustensiles de cuisine, introduit une pastille de javel dans l’anus, versé de l’eau de javel sur les parties intimes et exigé des fellations. Elle a précisé que la victime saignait de l’anus et lui demandait des serviettes hygiéniques.
Une dénonciation tardive
Le président Christian Pasta a souligné que la voisine aurait pu être poursuivie pour ne pas avoir dénoncé plus tôt ces faits graves. La victime, elle, a eu du mal à s’exprimer devant les enquêteurs. Ce n’est qu’à sa deuxième audition qu’elle a déclaré que "la voisine n’est pas une menteuse", mais a refusé de s’étendre sur le sujet par "honte". Elle n’a pas porté plainte et était absente à l’audience. Selon l’expert psychiatre, cette attitude pourrait traduire un état de stress post-traumatique.
Absence de preuves matérielles
Les investigations n’ont pas permis d’établir de preuves matérielles formelles. Aucune lésion n’a été relevée lors des examens médicaux et les objets saisis n’ont révélé aucune trace ADN. Toutefois, des traces de sang ont été retrouvées dans l’appartement, notamment dans les toilettes.
L’accusé nie les viols
Christophe L. reconnaît uniquement les violences, expliquant que la victime "faisait des conneries" et qu’il voulait "le corriger". Il conteste avoir utilisé un couteau, affirmant : "J’ai des mains, pas besoin d’arme". Ses proches le décrivent comme un homme "serviable" et "sociable" lorsqu’il est sobre, mais son comportement changerait radicalement avec l’alcool. L’expert psychiatre estime que l’alcoolisation a pu être un "facilitateur de passage à l’acte".
La question de l’emprise psychologique
La défense, assurée par Me Georges Parastatis, insiste sur l’absence d’antécédents de délinquant sexuel et sur l’hétérosexualité de l’accusé. L’avocat interroge : "Peut-on faire sous alcool ce que l’on n’a jamais manifesté auparavant ?" L’expert psychiatre répond que cette hypothèse reste possible. Une enquêtrice évoque une possible emprise psychologique, faisant un parallèle avec le syndrome de Stockholm. La victime apprécierait l’accusé lorsqu’il est sobre.
Des contradictions dans les témoignages
L’audience a révélé plusieurs contradictions. Le président s’interroge sur les détails très précis rapportés par la voisine, alors qu’elle n’a jamais assisté directement aux faits. Elle explique que les protagonistes "se vantaient" et précise que le cousin et l’ex-compagne de l’accusé auraient participé aux sévices. Mais ces derniers contestent fermement. L’ex-compagne, confrontée à ses déclarations antérieures, affirme ne plus se souvenir. La fille de l’accusé est revenue sur ses accusations, déclarant : "J’ai simplement répété ce que la voisine m’avait dit. J’étais naïve à l’époque."
Les débats doivent se poursuivre ce lundi 1er juin avec l’audition des derniers témoins avant l’interrogatoire de l’accusé. Le verdict est attendu en fin de journée.



