L'affaire Lyhanna, du nom de cette fillette de 11 ans retrouvée morte dans un bois de l'Essonne en 2024, a profondément ému la France. Mais au-delà de l'émotion, elle interroge notre capacité collective à entendre la parole de l'enfant. Dans notre société, les enfants peinent à être crus, écoutés et protégés, comme le montre ce drame.
Un système de protection en question
L'enquête a révélé que Lyhanna avait été signalée à plusieurs reprises aux services sociaux, sans que des mesures efficaces ne soient prises. Les témoignages de voisins et d'enseignants évoquaient des signes de maltraitance, mais la parole de l'enfant n'a pas été suffisamment prise en compte. Ce cas n'est pas isolé : de nombreuses affaires similaires mettent en lumière les lacunes du système de protection de l'enfance en France.
Les obstacles à l'écoute de l'enfant
Plusieurs facteurs expliquent cette difficulté. D'abord, une méfiance institutionnelle : les professionnels hésitent parfois à signaler des situations par crainte de se tromper ou de nuire à la famille. Ensuite, un manque de formation à l'écoute des enfants, qui nécessite des compétences spécifiques. Enfin, une tendance à minimiser la parole de l'enfant, considérée comme moins fiable que celle des adultes.
- Méfiance institutionnelle : les signalements sont souvent traités avec prudence, voire ignorés.
- Manque de formation : les professionnels ne sont pas toujours préparés à recueillir la parole des enfants.
- Minimisation : la parole de l'enfant est souvent jugée moins crédible.
Un changement de regard nécessaire
Pour que la parole de l'enfant devienne audible, il faut un changement profond dans notre société. Cela passe par une meilleure formation des professionnels de l'enfance, mais aussi par une sensibilisation du grand public. Les enfants doivent être considérés comme des sujets de droit, capables de s'exprimer sur leur propre vie. Des associations, comme La Voix de l'Enfant, militent pour une meilleure prise en compte de cette parole.
Les pistes d'amélioration
Plusieurs mesures pourraient être mises en œuvre : renforcer les moyens des services de protection de l'enfance, créer des espaces d'écoute dédiés, et instaurer une présomption de crédibilité pour la parole de l'enfant dans les enquêtes. Il est également crucial de former les juges, les policiers et les travailleurs sociaux à des techniques d'audition adaptées.
- Former les professionnels à l'écoute de l'enfant.
- Créer des lieux d'écoute neutres et sécurisants.
- Instaurer une présomption de crédibilité pour la parole de l'enfant.
Un enjeu de société
L'affaire Lyhanna nous rappelle que la protection de l'enfance est un enjeu collectif. Chaque enfant qui souffre en silence est une faille dans notre société. Il est temps de passer de l'émotion à l'action, pour que plus jamais un enfant ne soit réduit au silence. Comme le souligne la psychologue Muriel Salmona, « la parole de l'enfant est un trésor fragile qu'il faut savoir recueillir et protéger ».



