Le parquet général de la cour d’appel de Paris a sollicité une reprise des investigations concernant le réalisateur Luc Besson, visé par une plainte de l’actrice Sand Van Roy. Cette demande, révélée par Mediapart, repose sur de nouveaux éléments, notamment des analyses ADN réalisées sur un sous-vêtement de la plaignante par un laboratoire néerlandais.
Nouveaux éléments ADN
Selon les réquisitions datées du 3 février, le parquet général considère que ces analyses constituent un « élément nouveau susceptible de caractériser des charges nouvelles, justifiant la réouverture de l’information en vue de nouvelles investigations ». Ces éléments concernent uniquement les accusations de viol du 18 mai 2018. La chambre de l’instruction examinera cette demande le 2 juin.
Réactions des avocats
Me Thierry Marembert, avocat de Luc Besson, a indiqué ne faire aucun commentaire dans l’attente de la décision. Il rappelle que la justice s’est prononcée à quatre reprises en faveur de l’innocence de son client. L’avocat de Sand Van Roy, Me Antoine Gitton, n’a pas souhaité s’exprimer.
Dans sa requête, le conseil de l’actrice fait valoir que l’ADN du mis en cause a été formellement retrouvé sur la partie postérieure du sous-vêtement porté le soir des faits. Il regrette que ce sous-vêtement n’ait jamais été expertisé de manière adéquate, qualifiant ce point de « fait matériel capital ignoré ».
Contexte de l’affaire
Sand Van Roy avait déposé une plainte pour viol le 18 mai 2018 après un rendez-vous dans un palace parisien. Elle affirme que le cinéaste lui a imposé une pénétration digitale malgré ses injonctions à arrêter, version accréditée par des constatations médico-judiciaires. Deux mois plus tard, elle déposait une plainte pour d’autres viols et agressions sexuelles entre 2016 et 2018, dénonçant une « relation d’emprise professionnelle ». Luc Besson a évoqué une relation extra-conjugale dans un contexte de « subordination » et a indiqué ne pas avoir le souvenir d’une partie des faits.
Cette affaire emblématique de #MeToo avait été close par un non-lieu en décembre 2021, confirmé par la cour d’appel de Paris en mai 2022 et par la Cour de cassation en juin 2023. L’audience du 2 juin pourrait marquer un tournant.



