Le procès en appel de l'affaire libyenne a pris un tournant inattendu ce mardi 19 mai 2026, lorsque la défense du milliardaire saoudien Khaled Bugshan a directement mis en cause le banquier franco-libanais Wahid Nacer. Selon les avocats de Bugshan, ce dernier serait le véritable architecte d'un système de chantage et de corruption ayant conduit à des transferts d'argent suspects vers la Libye.
Les accusations de la défense
Me François Saint-Pierre, avocat de Khaled Bugshan, a déclaré devant la cour d'appel de Paris que son client était victime d'une machination orchestrée par Wahid Nacer. « Mon client a été piégé par un système de chantage mis en place par M. Nacer, qui utilisait ses relations pour extorquer des fonds en échange de faveurs politiques », a-t-il affirmé. La défense soutient que Bugshan a été contraint de verser des sommes importantes à Nacer, croyant participer à un financement légitime de campagnes électorales.
Des preuves contestées
Les avocats de Bugshan ont présenté des documents bancaires et des échanges de courriels qu'ils estiment prouver la culpabilité de Wahid Nacer. Selon eux, Nacer aurait utilisé des sociétés écrans pour blanchir l'argent du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, avant de le transférer à des personnalités politiques françaises. « Ces transactions, d'un montant total de plusieurs millions d'euros, ont été effectuées sans que mon client n'ait connaissance de leur origine illicite », a ajouté Me Saint-Pierre.
La réaction de la partie civile
Les avocats de Wahid Nacer ont qualifié ces accusations de « diffamatoires et sans fondement ». Ils ont souligné que leur client avait déjà été entendu dans le cadre de l'enquête et qu'aucune charge n'avait été retenue contre lui à ce stade. « Il s'agit d'une tentative désespérée de la défense de Bugshan de détourner l'attention des faits qui lui sont reprochés », a réagi Me Éric Dupond-Moretti, avocat de Nacer.
Un procès sous haute tension
Ce nouveau rebondissement intervient alors que le procès en appel de l'affaire libyenne, qui implique également l'ancien président Nicolas Sarkozy, se déroule dans un climat de fortes tensions. Les juges devront déterminer si les accusations portées par la défense de Bugshan sont crédibles et si elles peuvent modifier le cours du procès. La cour a décidé de suspendre l'audience pour permettre un examen approfondi des nouvelles pièces fournies par la défense.
Les enjeux de l'affaire libyenne
L'affaire libyenne, qui a éclaté en 2011, concerne des soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi. Plusieurs personnalités, dont Khaled Bugshan et Wahid Nacer, sont impliquées dans ce vaste réseau de corruption présumé. Le procès en appel, qui doit s'achever en juin, est suivi de près par l'opinion publique et les médias.
La suite des débats est attendue avec impatience, alors que la défense de Bugshan promet de nouvelles révélations. « Nous démontrerons que mon client n'est qu'un pion dans un jeu bien plus vaste », a conclu Me Saint-Pierre.



