Affaire Le Scouarnec : David, nouvelle victime présumée, témoigne de son calvaire
Affaire Le Scouarnec : une nouvelle victime témoigne

Affaire Le Scouarnec : le témoignage poignant d'une nouvelle victime présumée

Il ne prononce jamais le mot viol. Pourtant, David pourrait bien figurer parmi les innombrables victimes de Joël Le Scouarnec. Cet ancien chirurgien de 75 ans a été condamné l'an dernier à vingt ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, en grande majorité mineures. Un nombre vertigineux qui ne reflète pas entièrement l'ampleur de ce dossier sordide. Alors qu'une nouvelle instruction est en cours, de nouvelles victimes présumées ont été identifiées. David fait partie de ces personnes qui pourraient être concernées par un éventuel troisième procès de l'ancien médecin.

Une révélation douloureuse

C'est en accompagnant son fils, lui-même victime d'un viol du pédocriminel en 1996, que David a appris par son avocate qu'il avait également été abusé par le chirurgien. L'agression aurait eu lieu lors d'une opération à Vannes, dans le Morbihan, le 11 juillet 2000. Avec une grande pudeur, il a accepté de raconter à 20 Minutes le cauchemar que traverse sa famille. Sa femme Christine, victime collatérale de cette affaire, était également présente lors de cet entretien. Entre les querelles familiales, les somnifères pour dormir et une plongée dans l'alcool, le couple de Bretons tente de se relever, sans attendre grand-chose d'un éventuel procès.

L'audition difficile et les séquelles psychologiques

David a été auditionné par la gendarmerie en octobre 2025, une expérience qu'il décrit comme très éprouvante. « Je me suis senti harcelé », confie-t-il, évoquant des questions intimes et répétitives. Il garde peu de souvenirs de l'agression, mais a souffert de flashs pendant des années, comme des cauchemars récurrents. Depuis, il subit de lourdes séquelles psychologiques : pertes de mémoire, consommation d'alcool, somnifères et antidépresseurs. « J'ai l'impression d'avoir mis ma vie en suspens », avoue-t-il.

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Un procès qui laisse un goût amer

Lors du procès de 2024, le cas de David a été examiné mais pas jugé. Il réagit avec détachement aux aveux de Joël Le Scouarnec, expliquant que son cerveau s'est « bloqué ». Sa femme Christine intervient avec colère : « Les juges ont justifié leur choix par l'excuse de son âge. Mais quand il a violé mon fils de 5 ans, il n'a pas fait attention à son âge. Je trouve ça immonde. » Le couple estime que la justice n'a pas rendu une sentence suffisante, la rétention de sûreté n'ayant pas été prononcée.

Des attentes limitées pour l'avenir

David n'attend pas grand-chose d'un troisième procès, soulignant que le cas de son fils n'est pas encore réglé, notamment devant la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI). Christine dénonce une omerta sociale : « On nous dit parfois que le procès est fini, qu'il faut qu'on passe à autre chose. Pour nous, ce n'est pas terminé. » Le couple en veut à ceux qui n'ont rien dit, y compris l'Ordre des médecins, et espère des avancées législatives pour mieux protéger les victimes.

Alors qu'une commission parlementaire vient d'être constituée, ils appellent à une prise de conscience collective. « La société doit comprendre que les victimes n'ont pas à avoir honte », insiste Christine, rappelant que de tels drames peuvent arriver à n'importe qui.

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