Accident mortel à Six-Fours : 4 ans de prison dont 3 avec sursis
Accident mortel Six-Fours : 4 ans de prison dont 3 avec sursis

Le tribunal correctionnel de Toulon a condamné ce mercredi 17 juin 2026 un chauffeur routier de 55 ans à quatre ans de prison, dont trois avec sursis, pour homicide involontaire. L'accident, survenu le 20 août 2025 sur l'autoroute A50 à hauteur de Six-Fours-les-Plages, avait coûté la vie à Sébastien B., 35 ans, père de deux enfants.

Un choc violent entre deux poids lourds et un utilitaire

Ce jour-là, la circulation était dense sur l'A50, avec un effet d'accordéon décrit par plusieurs témoins. Le camion de 26 tonnes conduit par Raynald C., qui rentrait de la déchetterie de Bandol, a percuté un utilitaire qui se trouvait immobilisé dans un ralentissement. Sous la violence du choc, le véhicule léger a été broyé entre le camion du prévenu et un autre poids lourd qui le précédait. Le bilan fait état de trois blessés légers, un blessé grave et un mort, Sébastien B., qui était passager de l'utilitaire.

Deux secondes pour réagir, une visibilité jugée bonne

Lors de l'audience, le prévenu a déclaré : « Je ne touchais pas le poste radio, je ne regardais pas mon téléphone. J'étais concentré sur la route, mais je n'ai pas vu que la circulation était à l'arrêt devant moi. » Les images de vidéosurveillance ont montré que le chauffeur n'a disposé que de deux secondes pour réagir et que son véhicule roulait à environ 80 km/h. La présidente du tribunal, Dalila Fedal, a souligné que la visibilité était bonne et la chaussée parfaitement sèche. Interrogé sur son absence de réaction, Raynald C. a répété : « Je ne vois pas devant mon véhicule. »

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Des proches anéantis et une famille brisée

À la barre, la belle-sœur de la victime a livré un témoignage poignant : « Nous avons retrouvé la compagne de Sébastien, avec qui il vivait depuis treize ans, dans un état que peu de gens peuvent comprendre. Elle n'a pas trouvé la force d'être présente aujourd'hui, elle ne tient que pour leur fils de trois ans. Depuis, elle est venue vivre chez nous. Pour le petit, la fête des pères est devenue la fête des tontons. » L'employeur et ami de la victime, qui se trouvait dans l'utilitaire au moment de l'accident, a exprimé sa colère : « Cet homme ment comme il respire ! J'ai vu les vidéos. On dirait qu'il cherche à se suicider sur nous, il ne freine pas ! » Il a ajouté : « Je suis devenu un demi-homme. »

Des avocats partagés entre absence d'explication et culpabilité assumée

Mes Géraldine Adrai Lachkar et Laurie Franchitto, avocates de la partie civile, ont regretté l'absence d'explication claire : « Ce que nous attendions aujourd'hui, c'était un apaisement. Il n'est pas venu, car aucune véritable explication n'a été apportée. » Elles ont évoqué « l'explosion de deux familles » et assuré qu'« il n'y a pas eu de freinage ». En défense, Me Aïckel Hachfi a insisté sur la culpabilité qui ronge son client : « Sa vie a été totalement bouleversée. Il m'a dit un jour : “Vous imaginez, Maître ? J'ai privé deux enfants de leur père.” Le caractère punitif de cette affaire, il l'a déjà vécu, il le vit encore et le vivra toute sa vie. »

Une peine de 4 ans de prison dont 3 avec sursis

Le tribunal a condamné Raynald C. à quatre ans de prison dont trois avec sursis. Son permis de conduire a également été suspendu pour une durée d'un an. Le prévenu, au casier judiciaire vierge, avait récupéré son permis et retrouvé son emploi après une mise à pied disciplinaire de dix jours, mais il a confié ne désormais « presque plus » conduire.

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