La deuxième phase de construction de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), concernant le tronçon entre Béziers et la frontière espagnole, a été soumise à une concertation préalable organisée par SNCF Réseau. Les treize réunions publiques et les dix rencontres des différents acteurs du projet se sont achevées le 19 juin. Plusieurs sites pour l'implantation des gares de cette future ligne, programmée pour 2040, sont à l'étude : Villeneuve-lès-Béziers, Nissan-lez-Ensérune, Narbonne… De leur côté, Aurélie Pace, la maire de Villeneuve, et Robert Ménard, le président de l'Agglo Béziers Méditerranée, prêchent pour leur paroisse. Alain Caralp, à la tête de la communauté des communes La Domitienne et le maire de Nissan-lez-Ensérune, Pierre Cros, se positionnent sur l'idée d'une gare sur leur territoire.
À Villeneuve-lès-Béziers : complémentarité des deux gares de l'Agglo
Lors des deux derniers conseils, municipal (le 5 juin) et d'Agglo (le 26 mai), les élus de Béziers Méditerranée – dont le président Robert Ménard, et la maire de Villeneuve-lès-Béziers, Aurélie Pace – ont réaffirmé leur soutien au projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan et de gare nouvelle sur le site de Béziers Est, sur la commune de Villeneuve-lès-Béziers. Lors des deux séances, les élus – municipaux et communautaires – ont acté le cahier d'acteur (de la Ville et de l'Agglo), qui permet d'exprimer le positionnement argumenté sur l'opportunité et les caractéristiques du projet. Les deux cahiers d'acteur seront pris en compte dans la synthèse que va faire SNCF réseau dans le cadre de la concertation préalable publique.
Si les deux cahiers sont différents dans leur approche, ils avancent les atouts pour parvenir à un tel choix. Y sont mis en avant, entre autres arguments : la proximité de la gare nouvelle avec les axes structurants du territoire (A9, A75, routes nationales…) ; sa position au cœur du développement économique du Biterrois ; sa cohérence avec les développements des communes de Cers et Villeneuve ; un fonctionnement des deux gares reposant sur une complémentarité avec « la gare nouvelle, dédiée aux flux ferroviaires à grande vitesse pour les liaisons nationales et européennes ; la gare de Béziers-centre, renforcée dans son rôle de proximité pour les mobilités du quotidien, avec le développement des dessertes TER et des trains interrégionaux. »
La requalification de la gare de Béziers en Pôle d'échanges multimodal (PEM) est aussi mise en exergue. Tout comme la liaison en site propre dont bénéficiera la gare nouvelle, avec des bus à hydrogène pour la relier directement à la gare de Béziers-centre ainsi qu'aux principaux pôles de vie de la ville (sa mise en place est programmée au 2e semestre 2026). « Ces deux infrastructures constituent des leviers indispensables pour accompagner le développement du bassin biterrois et répondre, de manière urgente et adaptée, aux besoins de mobilités des habitants dans les années à venir », indiquent la Ville et l'Agglo.
Quant à la maire de Villeneuve, qui n'a pas souhaité répondre à nos nombreuses sollicitations, elle précisait dans notre édition du 28 mai dernier : « Depuis trente ans, la commune vit dans l'attente de cette décision. En trente ans, nous avons gelé des terrains, des personnes ont été expropriées… Cela concerne une trentaine de parcelles je dirai, et a priori le bowling aussi sera bientôt exproprié. Ce serait injuste qu'on est perdu autant de temps pour rien. Il paraît évident que la gare soit chez nous. »
À Nissan-lez-Ensérune : « Ma première question est : Qui va payer ? »
La communauté de communes de la Domitienne défend, elle, l'idée d'une gare sur son territoire, projet qui avait été écarté en 2012 par Réseau ferré de France. Or, il y a plusieurs mois, ce projet de gare à Nissan-lez-Ensérune a refait surface, amenant la Domitienne à se repositionner et Pierre Cros, le maire nissanais, à s'interroger sur la faisabilité et le pourquoi du comment de cette structure.
Ce projet de gare sur le territoire de Nissan ne date pas d'hier. Dès 2007, Pierre Cros, et Michel Bozzarelli, alors président de la communauté de communes de la Domitienne, avaient déjà vivement planché sur le sujet. En 2012, leur projet était même complètement établi. Mais la SNCF faisait savoir que la page « gare de Nissan » était définitivement écartée. Du côté de l'oppidum, on tournait donc, sans regret, la page de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP). Il y a quelques mois toutefois, l'idée a refait surface : « Lorsqu'a été lancée la concertation publique (elle prendra fin le 19 juillet après une synthèse globale de l'intégralité des rencontres qui se sont achevées le 19 juin, NDLR), nous nous sommes rendu compte que le projet de gare à Nissan était remis sur le tapis, explique Alain Caralp, le président de la Domitienne. Nous nous sommes donc repositionnés. Dans le dossier, mis à part qu'il ressort qu'il faudrait réaménager le réseau routier et placer la gare dans le projet de territoire, tout le reste est au vert ! »
Études diverses (environnementales, hydrologiques…), consultation des maires et des élus du territoire, rien, pour l'heure, n'a toutefois été établi. Il est évident qu'il reste un travail colossal à accomplir. Et que si le site est choisi, il faudra, bien entendu, mettre la main à la poche. Ce que relève Pierre Cros : « Ma première question est "qui va payer", lance l'édile de Nissan. Pourquoi pas une gare, mais que l'on me dise combien cela va nous coûter et surtout, apporter au territoire. Alain Caralp a raison de nous positionner, mais il est évident qu'il faudra discuter de tout cela. À commencer par moi-même avec le conseil municipal. Il faudra aussi envisager alors de consulter la population. » Le maire, comme le président de la communauté de communes, soulignent le fait que si une gare est construite, elle ne doit pas être qu'une gare perdue au milieu de nulle part et n'offrant pas de retombées économiques.



