Cannes : 24 mois de sursis requis pour le conducteur ayant fauché un enfant de 4 ans
24 mois de sursis requis pour conducteur ayant fauché un enfant

Le 29 juin 2024, un enfant de quatre ans et demi a été mortellement fauché par un 4x4 à Cannes La Bocca, en marge d'un mariage auquel participait sa famille. Le conducteur a comparu ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Grasse pour homicide involontaire. L'audience, très lourde émotionnellement, a duré trois heures.

Une famille en quête de réponses

Depuis près de deux ans, les parents du petit garçon continuent de vivre « pour le reste de la fratrie », mais peinent à obtenir des réponses sur les circonstances du drame. Comment leur enfant a-t-il pu s'échapper de la salle de mariage pour traverser la route seul ? Pourquoi ce passage piéton, décrit comme dangereux par des riverains, n'est-il pas sécurisé par des ralentisseurs ? « Notre vie est brisée », a murmuré le père à la barre.

Reconstitution de l'accident

Le tribunal, présidé par Laurie Duca, a détaillé la soirée du 29 juin 2024. Des images et une reconstitution de l'accident ont été diffusées sur les écrans de la salle d'audience, dans un silence de plomb. On y voit le 4x4 s'engager sur la chaussée et l'enfant courir sur le passage piéton, dont une partie était masquée par un véhicule garé. Le conducteur n'a pas dévié ni freiné.

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Un manque de prudence

« Ce qui vous est reproché, c'est un défaut de prudence », a déclaré la présidente au prévenu, notamment pour ne pas avoir ralenti à l'approche du passage piéton en raison du manque de visibilité. Le conducteur, tête baissée, a demandé pardon à la famille : « J'aurais préféré me foutre en l'air que de porter la responsabilité du décès d'un enfant de quatre ans et demi ». Il a répété : « Je ne l'ai pas vu ». Les expertises ont écarté l'usage du téléphone, l'alcool ou la drogue, mais ont confirmé un manque de prudence. La vitesse du véhicule était inférieure à 30 km/h, mais la distance de freinage nécessaire était de 13 mètres, alors qu'il n'y avait que 8 mètres entre le 4x4 et l'enfant.

Les réquisitions du parquet

L'avocate des parents, Me Donia Dhib, a souligné le choc vécu par la famille, condamnée à vivre avec un traumatisme. « Quand c'est votre enfant, vous vous demandez : pourquoi le mien ? », a interrogé le père. L'avocat de la défense, Me Michel Valiergue, a indiqué que son client avait pris ses responsabilités, sans nier ni minimiser les faits. La procureure Maureen Us a requis 24 mois d'emprisonnement avec sursis, l'annulation du permis de conduire et une interdiction de le solliciter pendant 5 ans. Le délibéré sera rendu le 20 mai prochain.

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