Premier procès dans le scandale du périscolaire parisien
Une peine de dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis a été requise mardi à l'encontre d'un animateur d'une école parisienne jugé pour agressions sexuelles sur mineurs. Les débats se sont déroulés à huis clos devant le tribunal correctionnel de la capitale, à la demande des parties civiles. Le procureur a demandé que la peine de sursis soit « probatoire », c'est-à-dire conditionnée au respect de l'interdiction d'entrer en contact avec les victimes, de paraître à nouveau dans l'école où il travaillait, d'exercer une activité avec des mineurs, ainsi que de l'obligation de soins et d'indemnisations. La décision doit être rendue le 16 juin.
Des paroles et gestes envers des fillettes de 10 ans
Nicolas G., 47 ans, répond de harcèlement sexuel à l'encontre de neuf fillettes et d'agressions sexuelles sur trois d'entre elles. Toutes avaient dix ans à l'époque des faits dénoncés, en 2024. Selon les témoignages, il surnommait les enfants « la plus belle », « mon cœur », « mon trésor », leur racontait des histoires de viol, prenait l'une des élèves sur ses genoux ou touchait la poitrine d'une autre. Il avait également lancé à l'une des fillettes : « Je te ferais des bisous partout si je pouvais. »
L'agent avait été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire. « Nous espérons une condamnation exemplaire qui ouvrirait la voie à d'autres procédures et montrera le chemin », a réagi dans un communiqué le collectif SOS Périscolaire.
Une affaire emblématique du scandale systémique
Cette affaire est la première à être jugée depuis la mise au jour de violences répétées dans le périscolaire parisien. Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire (PS), a déploré un caractère « systémique ». Face à l'ampleur du scandale, l'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo a engagé à la mi-avril un plan d'action d'un coût de 20 millions d'euros pour le périscolaire, « priorité absolue » de son début de mandat.
Ce plan prévoit une simplification de la chaîne de signalement avec une cellule d'écoute dédiée et promet une « transparence totale » aux familles ainsi qu'une professionnalisation d'une filière précarisée - la grande majorité des 14 000 animateurs parisiens sont vacataires. Mais « malgré une prise de conscience sur les défaillances du périscolaire, dans les écoles, concrètement, rien n'a changé », déplorent les 3 775 signataires, dont 2 331 parents, d'une lettre remise mardi à Emmanuel Grégoire, avec le soutien de SOS Périscolaire. Ils demandent au maire « d'allouer des moyens supplémentaires » à la filière, qui souffre d'un « manque chronique d'effectifs ». Les syndicats de la profession appellent quant à eux à la grève entre le 11 et le 22 mai.



