La cour d'assises du Var, à Draguignan, juge en appel cette semaine Etelvino Mendes Gomes. Ce Niçois de 36 ans avait été condamné l'an dernier par la cour d'assises des Alpes-Maritimes à 22 années de réclusion criminelle pour tentative d'assassinat sur son ex-conjointe.
Des menaces de mort proférées toute la journée
Ce 22 août 2021 en fin de soirée, Etelvino Mendes Gomes a mis à exécution les multiples menaces de mort qu'il avait proférées tout au long de la journée. Il avait hurlé haut et fort à qui voulait l'entendre qu'Helena (le prénom a été changé), la mère de ses deux derniers enfants et avec laquelle il s'était séparé deux semaines auparavant, allait bientôt mourir.
« T'es une femme morte morte morte », « Je vais la tuer. Je vais lui arracher la tête. Je vais la tuer, j'en ai rien à foutre » avait-il ainsi prévenu à la marraine d'un des enfants de son ex-compagne. « T'es une femme morte morte morte morte morte morte je te dis. Tu verrais bien, hasta la vista bébé » avait-il également envoyé par SMS à Helena quelques heures avant de se présenter au pied de son immeuble, rue d'Angleterre à Nice.
Alcoolisé et armé de deux couteaux
Alcoolisé (2,78 g/L de sang) et armé de deux couteaux, il s'est rendu chez son ex-compagne. Le voyant arriver, la jeune femme avait eu la présence d'esprit d'appeler les forces de l'ordre. Leur arrivée rapide lui a sans doute évité le pire. Mais Etelvino aura néanmoins eu le temps de poignarder Helena à 14 reprises, la blessant au foie, à la nuque, au dos… Interpellé dans l'appartement de sa victime et alors qu'il repassait devant elle, prostrée dans les escaliers de l'immeuble, il lui lançait : « Bah, t'es pas décédée toi ? »
Une première condamnation à 22 ans
Le 14 janvier 2025, Etelvino Mendes Gomes, reconnu coupable de tentative d'assassinat sur conjoint, avait été condamné à 22 années de réclusion criminelle par la cour d'assises des Alpes-Maritimes, à Nice. La présidente Emmanuelle de Rosa avait également prononcé une interdiction définitive du territoire français. Etelvino Mendes Gomes, originaire du Cap Vert, était arrivé en France en 2008 à la faveur d'un visa touristique. Il y était resté illégalement, d'abord à Marseille puis à Nice.
Appel et espoir d'une peine moins lourde
Ayant interjeté appel de cette condamnation, Etelvino Mendes Gomes se présente une nouvelle fois devant ses juges. Cette fois dans le Var, à Draguignan. Une nouvelle fois, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Pourtant, l'accusé espère bénéficier d'une peine moins lourde que celle infligée à Nice. « J'ai fait appel car je ne suis pas d'accord avec la peine, précise-t-il à l'adresse de la présidente Anne-Valérie Lablanche. Et puis, je conteste l'interdiction définitive de territoire. J'ai quatre enfants qui sont nés en France (dont deux avec la victime, Ndlr). »
Reconnaissance des faits et question de l'alcool
Pour autant, l'accusé a reconnu sans sourciller ce mardi après-midi les faits reprochés, y compris la préméditation inhérente à la qualification de tentative d'assassinat. « Je reconnais l'intégralité des faits. Je n'ai jamais nié d'ailleurs. » Mais le trentenaire a pu souffrir d'amnésie du fait de son imprégnation alcoolique. Il affirme ainsi ne pas se souvenir avoir menacé de mort un homme venu porter secours à la victime ou avoir embrassé de force une voisine sous la menace de son couteau.
Le contrôle des actes d'Etelvino et une possible altération de son discernement du fait de sa forte alcoolémie au moment des faits avaient été au centre de la défense de Me Florian Abassit en première instance. Ses questions à l'ouverture de ce procès à l'experte psychiatre Marie-Ange Lay-Macagno laissent envisager le même axe de réflexion. « L'alcool, par son effet désinhibiteur, a pu aider au passage à l'acte, rectifie l'experte. Mais la prise d'alcool a été volontaire. Il avait le discernement de dire non. »
Ce 22 août 2021, Etelvino Mendes Gomes avait surtout dit qu'il allait tuer Helena. Il a bien failli réussir.



