Un stage de parapente inclusif en Lozère
Sur les hauteurs de Paros, à deux pas d'Ispagnac, le ciel lozérien a accueilli une initiative remarquable. Pendant une semaine, Aldo Trippichio, vice-président du comité départemental du vol libre, a reçu des membres du club de parapente des Hautes-Pyrénées, Liberté Condition'Ailes, ainsi que des bénévoles désireux de se former à l'assistance au vol des personnes handicapées. Tous savaient déjà voler, mais cette semaine de stage visait à « profiter » et à « se perfectionner ».
Une organisation bien rodée
L'équipe se composait de deux moniteurs, huit personnes en fauteuil roulant et huit bénévoles, logés au complexe euroméditerranéen Lozère de Montrodat. Parmi les bénévoles, Jim Oussems, artisan dans le bâtiment, participe à ces rendez-vous annuels depuis quatre ans. Sa principale motivation : « être leurs jambes qu'ils n'ont plus lors du décollage ». Pour faire décoller une personne handicapée, le vent doit atteindre au moins 10 km/h, contrairement à un valide qui peut prendre de la vitesse en courant.
Des adaptations techniques nécessaires
Un état des lieux de la piste de décollage de Paros a révélé qu'elle pourrait être plus raide. Ces ajustements, bien que mineurs, facilitent l'autonomie des pilotes. Une piste d'atterrissage plane permettrait aux as des airs de replier eux-mêmes leurs voiles sans aide extérieure.
Les fauteuils utilisés pour le parapente sont spéciaux : équipés de roues de VTT et de tuyaux plus rigides que les fauteuils standards, ils encaissent mieux les chocs à l'atterrissage. « On ne vole pas avec nos fauteuils de ville », explique Sébastien Leroy, originaire de Grenoble, qui a investi plus de 4 500 € dans un fauteuil adapté. Depuis 2020, il n'a raté aucun rendez-vous du club. « Je savais qu'on pouvait voler en biplace, mais en solo ça a été une découverte », confie-t-il.
Un club venu des Hautes-Pyrénées
Ce rassemblement est organisé par le club Liberté Condition'Ailes, basé dans les Hautes-Pyrénées. Ali Ghomran, trésorier du club, est tétraplégique depuis un accident de voiture en 1987. Il a effectué son premier vol en 2002 et est devenu « addict ». Depuis 2011, il vole en solo et totalise environ 300 vols. « Quand on vole, on laisse le handicap au sol », dit-il avec un sourire. Cette excursion en Lozère lui permet d'ajouter des vols à son palmarès et de sensibiliser bénévoles et pilotes au vol pour handicapés.
La Lozère « très en retard »
Si ces vols ont lieu en juin, c'est grâce à la Fédération française du vol libre. Le parapente, considéré comme un sport de loisir au même titre que la plongée, n'est pas encore sous l'égide de la Fédération française du handisport. Aldo Trippichio le regrette : « La Lozère est une terre d'accueil pour les handicapés, mais pour le parapente, nous sommes très en retard. » Ce rassemblement représente pour lui une première victoire : « C'est un bonheur de les voir vivre le ciel. » Il avoue avoir eu la larme à l'œil en voyant les premiers décollages.
Entraînement pour la compétition
L'après-midi, les parapentistes s'entraînent pour une compétition. Xavier Delville, moniteur depuis 2003, a créé un parcours de cross avec des zones virtuelles. Les planeurs doivent rejoindre chaque zone le plus rapidement possible, guidés par un bipeur. Le parcours consiste à « aller au-dessus d'Ispagnac, revenir sur le plateau à 5 km et atterrir de l'autre côté », résume Aldo Tripicchio. Xavier Delville souligne que faire voler des handicapés implique de nouvelles contraintes, mais ce sont ces contraintes qu'il faut aborder différemment, et non les pilotes.



