Arras : Éléonore Laloux, élue trisomique, porte plainte après moqueries
Arras : Éléonore Laloux porte plainte pour moqueries

Éléonore Laloux, adjointe au maire d'Arras et seule élue municipale en France porteuse de trisomie 21, a décidé de porter plainte après la diffusion d'une vidéo sur les réseaux sociaux se moquant de son handicap. La vidéo, qui aurait été partagée sur TikTok et Instagram, montre des images de l'élue accompagnées de commentaires moqueurs et de rires.

Une élue engagée contre les discriminations

Éléonore Laloux, âgée de 38 ans, est devenue en 2020 la première personne trisomique élue au conseil municipal d'Arras. Elle occupe le poste d'adjointe déléguée à la vie citoyenne, à l'égalité des droits et à la lutte contre les discriminations. Son élection avait été saluée comme un symbole fort d'inclusion.

Depuis son entrée en fonction, elle milite activement pour les droits des personnes handicapées et contre toutes formes de discrimination. La vidéo qui la cible a suscité une vague d'indignation parmi ses soutiens et les associations de défense des droits des personnes handicapées.

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Une plainte pour injure publique

L'élue a porté plainte pour injure publique en raison du handicap, un délit passible de 12 000 euros d'amende et d'un an d'emprisonnement. Son avocat, Me Jean-Baptiste Dubois, a confirmé que la plainte avait été déposée auprès du parquet d'Arras.

« Cette vidéo est une atteinte à la dignité de ma cliente. Elle est un exemple de discrimination que nous combattons quotidiennement. Nous espérons que la justice fera son travail », a déclaré Me Dubois.

Réactions politiques et associatives

Le maire d'Arras, Frédéric Leturque, a apporté son soutien à son adjointe, condamnant fermement ces moqueries. « Éléonore est une élue compétente et respectée. Ces attaques sont inacceptables », a-t-il affirmé.

Plusieurs associations, dont l'Unapei (Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales), ont également exprimé leur solidarité. « Ce genre de comportement montre que les préjugés ont la vie dure », a dénoncé leur porte-parole.

Un phénomène récurrent sur les réseaux sociaux

Cette affaire met en lumière la recrudescence de vidéos moquant les personnes handicapées sur les réseaux sociaux. Selon une étude récente, les contenus discriminatoires envers les personnes en situation de handicap ont augmenté de 30 % en un an sur les plateformes comme TikTok et Instagram.

Les experts appellent à une meilleure modération et à des sanctions plus sévères contre les auteurs de ces contenus haineux.

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