Violences conjugales à Alès : un homme condamné pour avoir roué de coups sa compagne
Violences conjugales à Alès : 30 mois de prison pour un trentenaire

Un procès marquant pour violences intrafamiliales à Alès

Le tribunal d'Alès, dans le Gard, a jugé ce lundi 13 avril un homme de 35 ans pour des violences conjugales d'une rare brutalité. Le prévenu, placé en détention provisoire depuis deux jours, a été condamné à une peine de prison ferme après avoir reconnu les faits.

Des images qui laissent sans voix

La présidente de l'audience, Claire Sarode, n'a pas caché son émotion face aux photographies médicolégales diffusées dans la salle d'audience. "On en fait beaucoup des dossiers de violences intrafamiliales, mais des blessures de cette importance-là, ce n'est pas si fréquent que ça", a-t-elle déclaré, ajoutant que ces images la laissaient sans voix.

Les clichés montraient le corps de la victime, une Alésienne, couvert d'ecchymoses et d'hématomes multiples. Le substitut du procureur, Quentin Larroque, a parlé d'une "liste à la Prévert d'ecchymoses sur le corps d'une femme", décrivant des faits qui ont terrorisé la victime et ses deux enfants, âgés de 3 et 5 ans.

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Une soirée qui dégénère dans la violence

Les faits remontent au 8 avril, lorsque l'accusé, en état d'ébriété, a sombré dans ce que la victime a décrit comme un "délire de jalousie". Il l'a accusée d'entretenir une relation avec son demi-frère avant de se jeter sur elle.

Le trentenaire l'a alors rouée de coups de poing et de coups de pied, l'a étranglée jusqu'à la limite de la suffocation, puis est parti du logement. Il est revenu plus tard, tombant ivre mort devant la porte de l'appartement. La victime a bénéficié de quinze jours d'interruption totale de travail (ITT) suite à cette agression.

Un homme au passé difficile

Pendant l'audience, l'accusé a gardé la tête basse dans le box des prévenus. Il a reconnu les faits, ainsi que d'autres violences passées, et a admis avoir vidé une bouteille de vin sur sa compagne lors d'un incident précédent.

"Trop d'alcool. Trop de tout, en fait", a-t-il expliqué, évoquant une enfance difficile. "J'ai pété les plombs." La présidente lui a répondu avec fermeté : "Vous êtes allé très loin, Monsieur. Trop loin même. Ce qu'il s'est passé est inadmissible. C'est juste intolérable."

Des réquisitions sévères du parquet

Le substitut du procureur a requis 30 mois de prison, dont six avec sursis probatoire, le maintien en détention et, entre autres mesures, le retrait de l'autorité parentale. Cette dernière demande a particulièrement ému le prévenu, qui a versé des larmes pendant la plaidoirie de son avocat.

Me Karim Derbal a plaidé la cause de son client, évoquant ses "démons du passé" et affirmant que "quand il ne boit pas, c'est quelqu'un d'autre. Ce n'est pas la personnalité d'un bourreau". L'avocat a proposé un bracelet électronique et un éloignement de la victime, demandant que l'autorité parentale ne soit pas retirée à son client, qui n'a jamais frappé ses enfants.

Une condamnation qui suit les réquisitions

Le tribunal a finalement suivi à la lettre les réquisitions du ministère public, avec une nuance importante : le condamné se voit retirer l'exercice de l'autorité parentale plutôt que l'autorité parentale elle-même. Cette décision intervient alors que les violences conjugales restent un fléau sociétal majeur, faisant régulièrement l'objet de procès émouvants comme celui-ci.

L'affaire, jugée en comparution immédiate, illustre la sévérité croissante de la justice face à ce type de violences, particulièrement lorsqu'elles sont commises en présence d'enfants et laissent des traces physiques aussi marquées.

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