Quatre cuisiniers de la région Occitanie participeront à la finale du concours du Meilleur Ouvrier de France (MOF) classe cuisine, qui se déroulera début octobre à Lille. Ils figurent parmi les 42 candidats qualifiés à l'issue des demi-finales organisées début mai dans neuf centres, dont Toulouse, Nice et Grenoble.
Un parcours sélectif
Sur les 166 candidats initialement retenus après un premier tour combinant un QCM théorique et une épreuve pratique de 12 minutes, seuls 42 ont franchi le cap des demi-finales. L'épreuve consistait à préparer pour huit personnes des artichauts tournés et farcis accompagnés d'un flan de moules et de billes de seiche, ainsi que des ris de veau braisés surmontés d'une langoustine snackée, le tout en quatre heures.
Les quatre finalistes occitans
Les chefs qualifiés pour la finale sont :
- Laurent Lemal, chef étoilé du restaurant La Balette à Collioure
- Romain Thiebaud, chef du restaurant du Grand Hôtel du Lido à Argelès-sur-Mer
- Stéphane Dauge, chef-cuisinier de Purple Campus Carcassonne
- Maxime Chenet, chef étoilé du restaurant Entre Vigne et Garrigue à la Maison Chenet à Pujaut (Gard)
Tous exercent dans des départements de l'ex-Languedoc-Roussillon. Aucun candidat toulousain ou de l'ouest de l'Occitanie n'a réussi à se qualifier pour cette édition 2026.
Des compétiteurs aguerris
Ces chefs sont des habitués des concours. Laurent Lemal, 47 ans, en est à sa quatrième tentative : « C'est ma quatrième tentative. J'ai déjà atteint la finale en 2015. Quand on veut construire une carrière en restauration, il y a des étapes : l'étoile Michelin, les toques du Gault & Millau, les concours. Et le MOF, qui vient dans un cheminement global. C'est une marque de reconnaissance. »
Maxime Chenet, 40 ans, tente sa chance pour la troisième fois après deux échecs en finale. Il s'est entraîné avec son père, lui-même chef-cuisinier et MOF depuis 1993. « Ce n'est pas un concours d'artiste, c'est sur la technique, le métier. C'est un peu le Graal des concours », analyse-t-il.
Romain Thiebaud, 40 ans, participe pour la troisième fois et accède pour la première fois à la finale : « J'espérais vraiment être qualifié, j'aurais été déçu de ne pas y être car j'avais fait ce que je devais faire. »
Stéphane Dauge, quant à lui, est le plus surpris. Chef-cuisinier de Purple Campus Carcassonne, il participe pour la première fois. « D'être sélectionné en demi-finale était déjà une joie immense, je n'imaginais pas aller aussi loin, même si j'ai le sentiment d'avoir fait le job. Alors la finale, c'est un plaisir et une aventure humaine. Et quoi qu'il en soit, ce sera ma première et dernière tentative », confie ce quinquagénaire.
Une préparation intensive
Pour l'épreuve finale, les candidats se font accompagner par des confrères expérimentés ou déjà titulaires du col bleu-blanc-rouge. Ils prévoient une semaine de répétition fin septembre, une fois le détail de l'épreuve finale connu, qu'ils devront réaliser en cinq heures. Certains ont recours à du coaching mental ou sportif pour gérer le stress. « Cela permet de gagner un peu de souplesse, et de bien décompresser avant l'épreuve », explique Maxime Chenet.
Le titre de MOF correspond à un diplôme d'État équivalent à un Bac + 2, mais surtout, il donne le droit de porter le col bleu-blanc-rouge à vie. Pour beaucoup, cette distinction est même supérieure aux étoiles Michelin. Sur la cinquantaine de chefs étoilés en Occitanie, seuls cinq portent aujourd'hui ce fameux col, décerné tous les trois ans depuis 1924.



