Une enquête préliminaire ouverte à Nanterre
Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire pour « vérifier » des signalements en lien avec des soupçons de trafic d’enfants sur la plateforme de revente d’objets de seconde main Vinted, a-t-il indiqué à l’AFP vendredi 26 juin. Ces soupçons ont émergé après que des internautes ont signalé sur la plateforme des annonces qu’ils estimaient suspectes, car elles vendaient des jouets ou des objets apparemment sans valeur pour des montants astronomiques, avec des âges et tailles pouvant correspondre à ceux de jeunes enfants.
Des annonces à prix exorbitants sur TikTok
Le sujet a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Un créateur de contenu a relevé dans une vidéo likée plus de 112 000 fois depuis mi-juin : « Regardez ça, soi-disant une figure Harry Potter affichée à 30 000 euros ». Pour lui, « le prix suscite beaucoup de questions », tout comme « les détails […], une taille de 1m58, 13 ans » qui pointent selon lui vers « un système de codage pour une activité de trafic d’enfants ».
La Haute commissaire à l’Enfance saisit le dossier
La Haute commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a annoncé mardi avoir signalé « l’existence de comptes suspectés d’être impliqués dans des trafics d’enfants sur Vinted ». Jeudi, elle a qualifié sur X de « glaçant », si les faits se révélaient « avérés », le contenu d’un article du média 20minutes affirmant avoir échangé avec un homme qui prétendait vendre une fillette sous couvert d’une annonce anodine. L’article a été corrigé vendredi, précise le site du média, car « le pseudo vendeur d’enfant était un lycéen de 17 ans qui avait publié cette annonce pour piéger des pédos ». À ce stade, le parquet n’a pas précisé si certains de ces signalements s’étaient avérés fondés.
Vinted se défend : « Aucun élément de trafic d’enfants »
Contactés, plusieurs vendeurs parmi ceux « dénoncés » dans ces vidéos ont assuré à l’AFP qu’ils vendaient bien des jouets. Sollicitée par l’AFP, Vinted a indiqué avoir « pris connaissance des annonces actuellement diffusées en ligne et, d’après notre enquête, nous n’avons trouvé aucun élément permettant de les relier à des activités de trafic d’enfants ». L’entreprise précise que « l’âge indiqué dans ces annonces fait référence à la tranche d’âge à laquelle le jouet est destiné ». Les prix élevés se justifient par « soit une véritable valeur de collection, soit des provocations, soit des tactiques de négociation ». Vinted assure par ailleurs ne tolérer « aucun contenu inapproprié » et intervenir « chaque fois » qu'« une annonce suspecte » est repérée, de manière à « pouvoir collaborer avec la police si nécessaire ».



