Ce mercredi 23 juin 2026 s’ouvre à Draguignan le procès de Fabien Amphoux, 28 ans, accusé d’avoir administré des somnifères à ses compagnes avant de les violer. Les faits, commis entre 2016 et 2023 dans le Var et les Bouches-du-Rhône, impliquent six victimes. L’affaire rappelle celle de Dominique Pelicot, mais ici l’accusé agissait seul pour assouvir sa paraphilie.
Des vidéos révélatrices et une première plainte en 2022
En novembre 2022, une ex-compagne dépose plainte à Marseille après avoir découvert dans l’ordinateur de Fabien Amphoux deux vidéos de leurs ébats sexuels alors qu’elle était inconsciente. La première date de novembre 2020 à Puget-sur-Argens, la seconde de février 2021 dans leur appartement marseillais. Elle se sépare le jour même mais attend plus d’un an avant de porter plainte.
La jeune femme décrit des rapports violents où Fabien Amphoux l’étranglait sans consentement jusqu’à ce qu’elle perde connaissance, poursuivant ses actes sur son corps inerte. La clé USB remise aux enquêteurs contient trois autres vidéos impliquant deux autres femmes, montrant des pénétrations vaginales sur des partenaires inconscientes.
Produits toxiques et perquisition
Des analyses toxicologiques sur les cheveux des trois premières victimes révèlent la présence de puissants somnifères (Zopiclone et Zolpidem) pour deux d’entre elles, et de kétamine pour la troisième. Toutes affirment ne pas prendre ces traitements à l’époque de leur relation. Une perquisition au domicile du père de l’accusé permet de découvrir des boîtes de somnifères et, dans l’ordinateur, 26 vidéos et plusieurs centaines de photos de femmes endormies ou inertes subissant des actes sexuels.
L’enquête identifie trois autres victimes, dont deux présentent également des traces de Zopiclone et Zolpidem. Toutes décrivent une relation marquée par des violences sexuelles et une domination où l’étranglement, qualifié d’« asphyxie érotique » par Fabien Amphoux, était fréquent. L’accusé se montrait insistant, allant jusqu’à utiliser la main de sa compagne endormie pour se masturber.
Défense et accusations
Fabien Amphoux nie avoir administré volontairement des somnifères, avançant que ses compagnes auraient pu boire par mégarde dans sa bouteille d’eau où il dissolvait ses médicaments. Il reconnaît avoir poursuivi des rapports après évanouissement, affirmant ne pas s’être rendu compte de l’état d’inconscience. Il est défendu par Me Nicolas Berthier et encourt 20 ans de réclusion criminelle. Les parties civiles sont représentées par Mes Lucille Baratte et Christophe Mairet, et les débats sont présidés par Emmanuelle de Rosa.



