Montpellier valide son Service express régional métropolitain à 1,2 milliard
Montpellier valide son Serm à 1,2 milliard d'euros

La Métropole de Montpellier a voté, ce mardi, sa candidature au Service express régional métropolitain (Serm), un projet structurant pour les transports dans un bassin de vie de 1,2 million d'habitants, de Nîmes à Sète et du Pic Saint-Loup au Lodévois. Ce projet doit désormais être soumis au ministre des Transports pour une labellisation par l'État.

Un investissement de 1,2 milliard d'euros

Le Serm prévoit un renforcement significatif de l'offre ferroviaire entre Sète et Nîmes, avec quatre trains par heure et par sens aux heures de pointe, et une amplitude horaire de 5 heures à 23 heures. Cette amélioration est liée à la future ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, qui libérera des sillons. Parallèlement, cinq lignes de bus à haut niveau de service et deux lignes de bus tram seront créées, avec une fréquence de 10 à 15 minutes en période de pointe. L'ensemble des aménagements représente un investissement d'environ 1,2 milliard d'euros, déployé progressivement entre 2026 et 2034.

Un consensus politique, mais des critiques

Le projet a été adopté par une large majorité, les six élus de La France insoumise s'étant abstenus. Julie Frêche a salué une politique d'investissements "ambitieuse, assumée et cohérente", tandis que Michaël Delafosse a qualifié le Serm de "feuille de route" et d'"accord historique entre intercommunalités". Cependant, des critiques ont émergé, notamment sur le maintien du projet de contournement ouest de Montpellier (COM). Delphine Esselin, pour le groupe écologiste, a déclaré : "Nous soutenons ce projet, sauf pour le COM." Emmanuelle Mysona, élue de Saint-Jean-de-Védas, a craint que sa commune soit "sacrifiée par les nuisances". Les élus LFI ont dénoncé un "projet déjà ficelé" et un manque d'ambition ferroviaire, Nathalie Oziol estimant que "derrière le Serm, c'est un projet pour la voiture". Rhany Slimane a ajouté que les bus à haut niveau de service ne pourront pas "faire face à la demande des usagers".

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Le compte financier unique 2025 adopté

Le conseil de Métropole a également adopté le compte financier unique 2025, qui fait état de 1,6 milliard de dépenses réalisées, dont 1,08 milliard pour les politiques publiques (mobilités, déchets, voirie), 482 millions pour les équipements et 163 millions pour le personnel. La dette a mobilisé 116 millions d'euros. Les ratios affichent un taux d'épargne brute de 15 %, une capacité de désendettement de 11,7 ans et un taux de réalisation des investissements de 81,5 %. Renaud Calvat, vice-président chargé des finances, s'est félicité : "Nous avons pu trouver des solutions."

Des oppositions sur la gestion financière

Plusieurs élus d'opposition ont critiqué la gestion de Michaël Delafosse. Salim Jawhari a interrogé : "Si tout va si bien, pourquoi avoir décidé d'augmenter les impôts ? Il existe une voie, celle de la gestion rigoureuse." Antoine Bertrand (LFI) a dénoncé une "austérité" : "Ce compte révèle une collectivité qui se retrouve dans l'obligation d'augmenter les impôts tout en diminuant ses investissements." Pascal Heymes, maire de Grabels et spécialiste des finances publiques, a commenté : "Les ratios ne sont pas catastrophiques mais on est arrivé au bout du bout. Ce mandat exceptionnel ne pourra pas se reproduire." Les dix élus d'opposition ont voté contre ce CFU.

Financement et perspectives

Interrogé sur le financement des infrastructures, Michaël Delafosse a répondu : "Les impasses ne peuvent être faites. L'État ne peut pas laisser les collectivités financer les Serm." Le projet de Serm, malgré les critiques, a été validé par une large majorité, les élus LFI s'abstenant. La candidature doit maintenant être examinée par le ministre des Transports pour une labellisation.

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