Une nuit de Noël agitée à Vallauris
La nuit du 25 décembre 2025 a été particulièrement mouvementée dans le centre-ville de Vallauris. Fernando G.V., un garagiste portugais de 56 ans, a semé la terreur en tirant à plusieurs reprises avec un revolver de calibre 7,65 mm. Les faits se sont déroulés d'abord à l'intérieur de son appartement, puis dans la rue, à proximité immédiate de son domicile.
Des tirs à balles réelles et des menaces
La plupart des coups de feu ont été tirés en l'air, mais deux impacts de balles ont été retrouvés : l'un sur la carrosserie d'une Twingo appartenant à un nonagénaire, l'autre logé dans l'appui-tête arrière du véhicule, à l'intérieur même de l'habitacle. Le véhicule était garé et inoccupé au moment des faits.
Vers minuit trente, une passante qui promenait son chien a été confrontée à l'individu. Celui-ci lui a crié : « Appelez la police, courez, je vais vous tuer, je vais vous tirer dessus ». Lors de l'audience du 25 mars dernier, la victime a témoigné de sa peur : « Je suis persuadée qu'il est derrière moi, je ne vais pas réussir à atteindre mon domicile, je sens que je vais mourir en laissant deux orphelins ! ».
Un délire provoqué par l'alcool et les stupéfiants
Fernando G.V. a reconnu « avoir pété les plombs ». Selon les éléments de l'enquête, son comportement a été favorisé par la prise de stupéfiants associée à de l'alcool. Dans un délire paranoïaque, il s'est imaginé « menacé par des tortionnaires pratiquant du trafic d'organes », au point de se barricader chez lui avec un matelas avant de sortir armé.
L'homme, père de trois enfants et déjà connu pour quatre mentions anciennes à son casier judiciaire, a lui-même appelé la police. Au téléphone, il a même fait entendre plusieurs tirs pour prouver sa détermination. Les forces de l'ordre ont quadrillé les alentours pendant une heure et demie, craignant de découvrir des victimes ou des morts.
Trois expertises psychiatriques et une condamnation
La garde à vue de 96 heures et le récit « lunaire » du prévenu ont nécessité trois expertises psychiatriques. Celles-ci ont conclu à une altération de son comportement, mais sans diagnostic de maladie mentale telle que la schizophrénie. Son avocat, Me Julien Brosson, a plaidé que son client avait tenu des propos cohérents une fois passée sa bouffée délirante et qu'il avait besoin d'être rassuré.
La procureure a requis 30 mois de prison dont 6 avec sursis probatoire pendant 2 ans, avec maintien en détention. Elle a souligné la dangerosité des actes : « Il aurait pu tuer des gens ».
Le tribunal a finalement condamné Fernando G.V. à 30 mois de prison dont 24 avec sursis probatoire pendant 2 ans, avec maintien en détention. Il devra également suivre une obligation de soins et indemniser sa victime. Le jugement retient l'altération du comportement comme circonstance atténuante, tout en sanctionnant sévèrement des actes qui ont mis en danger la vie d'autrui lors d'une nuit traditionnellement paisible.



