Après 32 ans passés à la tête de l'école élémentaire Jules-Muraire dans le centre-ville de Toulon, Daniel Madie fait valoir ses droits à la retraite à la fin de l'année scolaire. Le 3 juillet 2026, il quittera définitivement l'établissement qu'il a vu naître et grandir. Une page se tourne pour lui, pour ses collègues et pour les élèves.
Un directeur iconique qui a marqué l'école
Au portail chaque matin et chaque fin d'après-midi pour accueillir élèves et parents, Daniel Madie est une silhouette reconnaissable entre toutes : crâne rasé, jean et t-shirt, le sourire aux lèvres. La rentrée de septembre 2026 sera la première sans lui. L'iconique directeur fait partie des murs de l'école Jules-Muraire, située dans la haute ville de Toulon. Depuis 1994, l'école n'a connu aucun autre directeur que lui. Il a vu passer des générations d'élèves et de professeurs, avec toujours la même philosophie : « Pour que les enfants travaillent bien, il faut qu'ils soient heureux de venir. Et pour cela, il faut que les enseignants soient également heureux d'être là », confie-t-il.
Un parcours atypique dans l'éducation
Rien ne destinait ce Toulonnais à passer toute sa vie professionnelle dans une école. Après une maîtrise de sciences économiques, les banques lui tendent les bras, mais il préfère devenir pion au collège des Pins d'Alep. Une collègue doit passer le concours de professeur des écoles à Draguignan et ne veut pas y aller seule. Il l'accompagne… et réussit l'examen. Il débute l'enseignement à l'école du Pont du Suve, puis passe par Longepierre et Dutasta. Au total, il aura consacré 50 ans à l'éducation, dont 32 comme directeur.
Un homme engagé et créatif
Daniel Madie a toujours été très engagé, notamment dans le syndicalisme. Lors de la construction du centre Mayol, l'école où il travaillait a été détruite et l'équipe déplacée du côté de l'Équerre, en plein quartier difficile. « Le contexte était loin d'être facile. Mais l'expérience m'a marqué. Il fallait trouver des trucs pour que ça fonctionne », se souvient-il. Avec des collègues, il crée l'association « Des enfants, un quartier, la vie », qui œuvre pour la réussite scolaire, sociale et culturelle des enfants du centre-ville de Toulon. Ils montent aussi un club de foot d'enseignants.
Les débuts mouvementés de l'école Muraire
En septembre 1994, c'est la première rentrée à Jules-Muraire. Daniel Madie a alors 37 ans. Mais rien ne se passe comme prévu : « Les débuts ont été un peu chauds. Il n'y avait pas eu de communication sur l'ouverture de l'école, donc on avait très peu d'élèves. Les meubles n'avaient pas été livrés. On n'avait pas de personnel pour la cantine, le ménage… », raconte-t-il en riant aujourd'hui. Malgré ces difficultés, l'école a su s'imposer, notamment grâce à des projets innovants comme les classes flexibles, le projet mosaïque pour décorer les lieux ou encore la création d'un opéra.
Un départ vers de nouveaux horizons
Classée en réseau d'éducation prioritaire (REP), l'école accueille un public parfois difficile, ce qui motive Daniel Madie : « Il faut s'adapter, trouver de nouvelles façons de travailler pour faire avancer, au mieux, les élèves. Mais pour cela, il faut une équipe motivée, qui lance des projets. » À l'heure de quitter « son » école, il admet ressentir « un peu la peur du vide ». Mais plusieurs certitudes l'attendent : ce fan de vélo, de course à pied et de yoga va faire du sport, voyager, notamment en France, et rester proche de l'école : « J'ai été nommé d'office par mes collègues accompagnateur des classes de découvertes et des sorties en randonnées ! », plaisante-t-il.



