Syndicats en rue pour défendre le 1er-Mai, jour férié et chômé
Syndicats en rue pour défendre le 1er-Mai

Les syndicats appellent à manifester ce vendredi 1er-Mai pour défendre ce jour « férié et chômé », alors que le gouvernement prévoit de modifier les règles pour les salariés des artisans boulangers et fleuristes. Le gouvernement a promis qu'en 2027, ces artisans pourront faire travailler leurs employés le 1er-Mai, une dérogation actuellement réservée à certaines activités essentielles.

Un projet de loi contesté

Le ministre du Travail a présenté mercredi 29 avril en conseil des ministres un projet de loi fixant les conditions du volontariat des salariés. Pour cette année, la loi reste inchangée. Jean-Pierre Farandou a appelé à « l'intelligence collective » pour permettre aux boulangers et fleuristes de faire travailler des volontaires sans sanctions, tout en évitant de donner des instructions aux inspecteurs du travail.

« On est dans un des seuls secteurs où l'on demande aux agents de contrôle d'anticiper une potentielle évolution réglementaire », dénonce Cécile Clamme, inspectrice du travail et secrétaire générale de la CGT Travail, Emploi, Formation professionnelle.

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Des instructions gouvernementales contestées

Le Premier ministre avait évoqué mi-avril des « instructions » aux services de l'État pour que les artisans fleuristes et boulangers ne subissent « aucune conséquence d'une ouverture le 1er-Mai 2026 dans les règles fixées par la future loi ». Ce communiqué de Matignon a été attaqué en référé par Sud, la CGT et des députés écologistes. Le Conseil d'État a jugé jeudi qu'il n'y avait « plus lieu » de statuer, considérant que le gouvernement n'entendait pas donner d'instruction faisant obstacle au cadre légal actuel.

L'opposition syndicale unie

Les cinq confédérations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont émis un avis négatif sur le projet de loi. Elles avaient précédemment obtenu que la proposition de loi de l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, qui prévoyait des ouvertures plus larges, ne soit pas votée à l'Assemblée nationale.

« On ne touche pas au 1er-Mai ! », a martelé Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, lors du congrès de son syndicat. Il sera présent dans le cortège parisien, aux côtés de Marylise Léon (CFDT) et Sophie Binet (CGT). Yvan Ricordeau, numéro deux de la CFDT, souligne la « volonté des militants d'être présents pour défendre le seul jour férié et chômé ».

La CGT, la FSU, Solidaires et des syndicats étudiants défileront également pour le pouvoir d'achat, la paix et contre l'extrême droite. Cette année, la cérémonie annuelle en mairie avec les syndicats a été supprimée par la municipalité RN de Liévin (Pas-de-Calais), où 42 mineurs ont péri en 1974 dans le plus grave accident minier en France depuis la Seconde Guerre mondiale.

Un contexte particulier

Julie Ferrua, co-déléguée générale de Solidaires, estime important de « rappeler cette attaque sur le 1er-Mai, les accidents du travail, et que l'extrême droite n'est pas pour les travailleurs ». Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, affirme que « l'extrême droite, c'est l'imposture sociale en permanence », alors que le RN a soutenu la proposition de loi de Gabriel Attal.

Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, prédit que « le contexte de l'attaque très forte sur le 1er-Mai donnera un climat particulier » aux cortèges, et appelle à manifester « pour l'urgence salariale ».

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