Une nonagénaire spoliée de 800 000 euros par un homme 49 ans plus jeune
Spoliation d'une nonagénaire : 800 000 euros détournés

Le procès d'un homme accusé d'avoir spolié de plus de 800 000 euros une femme de 49 ans son aînée, en se pacsant avec elle avant de la séquestrer au Maroc, s'ouvre ce lundi 18 mai 2026 devant la cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques à Pau. Ce Français de 46 ans, en détention provisoire depuis 2023, comparaît pendant deux jours pour enlèvement, séquestration, abus de faiblesse et blanchiment d'argent.

Une rencontre manipulatrice

En 2019, l'accusé rencontre la victime en se présentant comme vendeur de vins. Il comprend rapidement que cette veuve de longue date, âgée de 88 ans à l'époque, n'a ni enfants ni entourage proche. Il la convainc qu'il peut prendre soin d'elle, lui fait quitter son logement dans le Béarn, et en février 2020, il se pacse avec cette femme de 49 ans son aînée. Devant notaire, elle lui donne procuration sur ses avoirs financiers.

830 000 euros détournés en deux semaines

Les malversations présumées débutent deux semaines après le PACS. Selon l'accusation, l'homme clôture les comptes bancaires et les contrats d'assurance-vie de la victime pour récupérer 830 000 euros au total. Il lui fait acquérir des biens immobiliers via la constitution d'une SCI et détourne sa pension de retraite de 1 300 euros mensuels. Après avoir emménagé dans au moins trois logements différents, la désormais nonagénaire quitte la France pour le Maroc en 2022, emmenée par l'accusé.

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Une séquestration au Maroc

Dépossédée, elle vit chez la famille de la nouvelle compagne de cet homme. Les enquêteurs la découvriront cloîtrée dans une pièce d'environ 3 mètres carrés, avec une fenêtre et des toilettes à l'entrée. L'alerte est venue en 2023 d'une intermédiaire en création d'entreprises, à laquelle l'accusé a fait appel. Interloquée par la différence d'âge après avoir reçu par erreur une copie du PACS, elle avait signalé la situation à un neveu éloigné de la victime.

« En s'accaparant ses économies, sa pension et sa carte bancaire, il l'a rendue dépendante de lui, supprimant son libre arbitre et sa liberté d'aller et venir, accentuant la désorientation de cette vieille dame pour finir par l'envoyer définitivement au Maroc, pays qui lui est totalement inconnu », estime l'accusation.

Décès de la victime et défense de l'accusé

Interpellé lors d'un retour en France, le mis en cause, qui encourt 20 ans de réclusion criminelle, conteste les faits, assurant avoir toujours eu le consentement de la victime. Celle-ci est décédée en 2025, à 94 ans, dans une maison de retraite de Casablanca. Initialement renvoyé pour complicité devant la cour criminelle départementale, le notaire a bénéficié d'un non-lieu devant la chambre de l'instruction.

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