Ce jeudi 2 juillet, en fin de journée, une quarantaine d'enfants et de parents se sont rassemblés devant le Campotel de Servian, dans l'Hérault, pour protester contre la décision de la municipalité de ne pas prolonger le contrat d'un animateur de l'accueil de loisirs sans hébergement (ALSH), de l'accueil de loisirs périscolaires (ALP) et de l'Espace ados. Un drap blanc portant l'inscription « Laissez-nous Armand » a été déployé.
Une mobilisation soutenue par une pétition
Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 200 signatures. Les parents expriment leur incompréhension face à ce qu'ils considèrent comme une perte pour leurs enfants. « Clairement, c'est l'incompréhension, décrit une mère présente au rassemblement. C'est quelqu'un de super investi, il ne compte pas ses heures, il prend le temps de discuter avec les parents… On ne pouvait pas demander mieux. »
Sa fille renchérit : « On ne veut pas du tout qu'il parte. Il nous aide tous, on ne veut plus revenir s'il n'est pas là. C'est une personne de confiance, on peut tout lui dire, il ne nous jugera pas. » Une autre maman témoigne : « Ma fille fréquente l'espace ados depuis deux ans, elle est méconnaissable depuis. C'était une enfant réservée et maintenant elle est très ouverte, ça lui a fait beaucoup de bien, elle a gagné en autonomie. La confiance qui s'est instaurée entre les enfants et lui, ça ne se gagne pas en deux minutes. »
Un animateur apprécié de ses collègues
L'animateur, qui occupait le poste de directeur adjoint, faisait l'unanimité parmi ses collègues. L'un d'eux, ayant requis l'anonymat, confie : « Il est très bien investi, il a mené des projets importants pour les jeunes, il crée lui-même les jeux. C'est un des rares Espaces ados avec autant de lycéens, qui viennent de leur propre chef. Les enfants l'ont très mal pris, ils ont pleuré et les ados sont très en colère. »
La directrice du centre, très proche de l'animateur, n'a pas souhaité répondre aux sollicitations de Midi Libre, invoquant son « droit de réserve ».
L'animateur se dit « malade »
L'intéressé, dont le contrat s'achève le 31 août, se dit « malade » face à cette situation. « J'ai fait clairement renaître l'espace ados, j'ai mis en place des projets, j'ai créé des jeux… Si un ado de 15 ans reste dans un tel espace en 2026, c'est que ça se passe bien non ? », s'interroge-t-il. Il raconte avoir été reçu par sa directrice le 1er juin pour des félicitations, avant que le maire ne l'informe le 16 juin de la non-prolongation. « Ils m'ont expliqué qu'ils voulaient quelqu'un avec le BPJEPS. Je suis écœuré car ça montre aux jeunes que, même en étant droit et investi, selon qui est au pouvoir, on peut dégager. »
Le maire justifie sa décision
Fabrice Garnier, maire de Servian élu en mars, assure ne pas vouloir « dissoudre l'Espace ados ou diminuer les moyens, au contraire même puisqu'on va l'agrandir ». Il justifie le non-renouvellement par une volonté de réorientation : « La programmation que je souhaite pour l'espace ado sera tournée vers le sport. Cet animateur n'a simplement pas le profil du poste. Je comprends que cela puisse affecter certains adolescents, mais ce ne sont jamais des décisions simples à prendre. »



