Un sans-abri de 42 ans, Ludovic Burger, comparait depuis lundi devant la cour d'assises du Bas-Rhin pour le meurtre d'une jeune prostituée bulgare, Petya Nedeva, 18 ans, survenu en juin 2013 à Strasbourg. Le corps en décomposition de la victime avait été découvert dans une tente, les poignets liés et un lien autour du cou. Selon le médecin légiste, elle est décédée par asphyxie en quelques secondes.
Une longue cavale
Après les faits, Ludovic Burger avait disparu. Un mandat d'arrêt avait été lancé en février 2014, mais il est resté introuvable. En 2019, un non-lieu avait été prononcé faute d'éléments suffisants. Ce n'est qu'en janvier 2022 qu'il a été interpellé à Nice pour des insultes homophobes et des menaces de mort.
Retrouvé grâce à YouTube
Une nouvelle enquête a été ouverte en Alsace. En janvier 2024, un juge d'instruction a délivré un mandat d'arrêt. La police l'a localisé grâce à des vidéos postées sur YouTube, où il donnait des conseils pour vivre en marge de la société. Mis en examen pour meurtre, il a expliqué avoir proposé une relation sadomasochiste tarifée à la victime, puis avoir perdu connaissance sous l'emprise d'alcool et de drogue. À son réveil, il l'aurait découverte morte et aurait fui en Italie.
Profil psychologique
Lors de l'audience, Ludovic Burger, dont la mâchoire tremblait en raison d'un lourd traitement médicamenteux, a évoqué une enfance chaotique : une mère violente, un père alcoolique, et une agression sexuelle en foyer. Il s'est défini comme « marginal » et a raconté avoir débuté la prostitution homosexuelle à 18 ans pour financer ses addictions. L'expert psychiatre a noté une « froideur émotionnelle », une « absence de moralité et d'empathie » et une « sexualité déviante, perverse ».
Le procès doit s'achever mercredi. L'accusé encourt une peine de trente ans de réclusion criminelle.



