Un sans-abri de 42 ans a été condamné mercredi à Strasbourg à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'une jeune prostituée bulgare en février 2013. Ludovic Burger avait été interpellé après plus de dix ans de cavale, localisé grâce à sa chaîne YouTube où il dispensait des conseils pour vivre de manière marginale.
Une peine lourde assortie d'un suivi
La cour d'assises du Bas-Rhin a assorti cette peine d'un suivi socio-judiciaire de 15 ans, avec injonction de soin. La peine prononcée est conforme à celle requise par l'avocate générale Agnès Robine, qui avait fustigé un « crime égoïste, lâche, terrible » et souligné la « froideur » et l'« absence de travail de réflexion » de l'accusé.
Les faits : un crime macabre
Le corps entièrement nu et en décomposition de Petya Nedeva, 18 ans, avait été découvert en juin 2013 à Strasbourg, dans une tente située entre des jardins familiaux et une voie rapide. Ses poignets étaient liés et un lien enserrait son cou. L'autopsie avait révélé une mort par asphyxie.
Le récit de l'accusé
Ludovic Burger a expliqué avoir rencontré la jeune femme dans la rue et lui avoir proposé une relation sadomasochiste tarifée. Il l'a alors emmenée dans sa tente où il lui a ligoté les poignets et attaché une sangle autour du cou. « C'était un jeu pour moi », a-t-il déclaré mardi à l'audience. Il a affirmé avoir reçu une fellation puis avoir perdu connaissance sous l'emprise d'alcool et de drogue. À son réveil, il l'aurait découverte morte. « Paniqué », il a alors pris la fuite, après avoir dérobé l'argent de la jeune femme et s'être débarrassé de son téléphone portable. Ses deux téléphones à lui, ainsi qu'un de ses vêtements et sa sacoche, avaient été retrouvés sur les lieux.
Un parcours chaotique
L'avocate de l'accusé, Christiane Gérard, a rappelé les « carences éducatives énormes » de son client, victime d'une enfance chaotique : une mère décrite comme violente, un père alcoolique et un placement en foyer où il dit avoir subi une agression sexuelle. L'accusé, qui se présente comme « marginal », a expliqué à la barre avoir débuté la prostitution homosexuelle à 18 ans pour « l'argent facile », qui finançait son importante consommation d'alcool et de drogues, des addictions développées dès l'adolescence.
Des expertises psychiatriques accablantes
Un expert psychiatre a évoqué devant la cour « une froideur émotionnelle », une « absence de moralité et d'empathie » et une « sexualité déviante, perverse ». L'accusé « reconnaît sa responsabilité », mais dans son esprit c'était un « jeu » et il était « dans son délire d'alcool », a souligné son avocate.
Cette affaire, qui avait défrayé la chronique en raison de la présence d'un lapin accompagnant le SDF dans ses vidéos YouTube, a ainsi trouvé son épilogue judiciaire après plus de dix ans.



