Saison des feux : les pompiers redoutent un été « extrêmement long »
Saison des feux : un été « extrêmement long » redouté

La saison des incendies s'annonce particulièrement « longue » cet été, préviennent les sapeurs-pompiers, qui redoutent un épuisement des troupes malgré l'anticipation et les moyens déployés. Débutée le 4 juin avec près d'un mois d'avance, elle a déjà causé des dégâts considérables.

Un début de saison précoce et des chiffres alarmants

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est inquiété vendredi 3 juillet 2026 de ce démarrage précoce lors d'un déplacement dans l'Aude. Le colonel Jérôme Boulanger, porte-parole de la sécurité civile, précise à l'AFP : « En termes de surface, nous étions à 6 237 hectares brûlés (depuis le 1er janvier) à la même date l'année dernière. Aujourd'hui, nous avons dépassé la barre des 10 000 hectares. » Soit une augmentation de plus de 60 % par rapport à 2025.

La sécurité civile a recensé 175 incendies de plus que l'année dernière à la même date. Cette précocité s'explique par une conjonction de facteurs : sécheresse, forte chaleur et vents intenses. « Avec les deux périodes de canicule, la végétation a perdu en humidité, les températures étaient très élevées et quand le vent s'est levé, trois ingrédients ont été réunis pour un cocktail explosif », explique le colonel.

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Risque de multiplicité des feux sur tout le territoire

Cette conjoncture fait redouter un scénario semblable à celui de l'été 2022. Le lieutenant-colonel Nicolas Galand, secrétaire général de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), alerte : « Ce qu'il y a à craindre, c'est une multiplicité du nombre de feux conséquents sur l'ensemble du territoire. » Auparavant concentrés dans le sud de la France, des incendies de moyenne et grosse envergure se déclarent désormais partout à cause du changement climatique. « Dans ce cas, la solidarité nationale qui s'exprime habituellement peut être mise en tension, si les zones qui envoient normalement des renforts sont également touchées. »

Épuisement des troupes redouté

Avec des incendies déjà intenses, « on va avoir une saison extrêmement longue, qui va nécessiter à la fois de l'endurance et des efforts de la part des sapeurs-pompiers mobilisés », redoute Nicolas Galand. David Saquet, secrétaire général du syndicat Unsa Sapeurs-pompiers et pompier dans les Yvelines, fait état d'un « pic inédit d'intervention » dans son département lors du dernier épisode de canicule. « On commence déjà à fatiguer les organismes », alors que normalement, personnels et matériels sont sollicités en renfort aux alentours du 15 juillet, précise-t-il.

Gros moyens déployés pour faire face

« Nous ne redoutons pas de ruptures capacitaires », assure cependant le porte-parole de la sécurité civile, pointant un « travail d'anticipation très fin » permettant de limiter les risques. Une cartographie précise permet de repérer les massifs forestiers à risque, pour y pré-positionner les sapeurs-pompiers et intervenir rapidement. « Il y a 51 colonnes, 3 500 sapeurs-pompiers, 700 véhicules qui sont prêts à intervenir, ainsi que les 12 Canadair, les 8 Dash, les 3 Beechcraft et les 39 hélicoptères de la sécurité civile », abonde-t-il.

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