Une nuit de violence sous les fenêtres d'un Niçois
Laurent, un Niçois expatrié à Paris depuis trente ans, a vécu une nuit cauchemardesque dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 mai. Alors qu'il se réjouissait d'assister à la finale de la Coupe de France, une rixe entre ultras niçois et parisiens a éclaté juste sous ses fenêtres, le long du canal Saint-Martin.
« Ils faisaient penser à une milice »
Peu avant minuit, Laurent entend du bruit. « Ils étaient une bonne cinquantaine, tous habillés en noir, sans signes distinctifs. Ils faisaient penser à une milice », raconte-t-il. L'un d'eux crie : « Serrez les rangs ! En formation, on y va ! » avant de traverser le canal.
La rixe a lieu sur la rive droite, devant le restaurant L'Atmosphère. « J'entendais les cris, les chaises qui volaient, les vitres brisées. J'ai même cru qu'ils avaient éclaté les vitrines du Franprix voisin », témoigne Laurent.
Des chants révélateurs
Laurent comprend qu'il s'agit d'ultras niçois lorsqu'ils repartent vers Bastille en chantant « la BSN est toujours là », référence à la Brigade Sud Nice, groupe ultra de l'OGC Nice.
« Lamentable ! » s'exclame-t-il, dénonçant le comportement de ses compatriotes. Il refuse d'être assimilé à ces « fachos » et lance une pique au nouveau maire de Nice : « Puisque Monsieur Ciotti veut rétablir l'ordre, qu'il commence donc par s'occuper de ces gens-là. »
La peur des représailles
Laurent avoue ne pas aller serein au Stade de France : « J'en viens à me demander si je vais mettre mon maillot du Gym par peur des représailles de Lensois ou de Parisiens. Je suis dégoûté. Le foot ce n'est pas ça ! »
Cette rixe s'inscrit dans un contexte de violences autour de la finale de la Coupe de France, qui a déjà fait 65 gardes à vue et 6 blessés, dont un grave.



