Nouveau procès en appel pour la prostitution d'une ado de 15 ans à Nîmes
Prostitution d'une ado de 15 ans : nouveau procès en appel

Un nouveau procès en appel s'ouvre ce mardi devant la chambre des appels correctionnels de Nîmes concernant l'affaire de prostitution d'une adolescente de 15 ans. Quatre prévenus, poursuivis pour proxénétisme et traite d'êtres humains, sont rejugés après un premier procès houleux en janvier 2026. L'avocate générale a requis des peines allant jusqu'à huit ans de prison ferme, dénonçant des faits « inadmissibles ».

Une adolescente contrainte à 40 passes par jour

Selon l'enquête menée par les gendarmes du Gard, la jeune fille, âgée de 15 ans au moment des faits, était contrainte de se prostituer, enchaînant jusqu'à 40 clients par jour. Les actes se déroulaient en région lyonnaise et parisienne. Les clients la contactaient via un site de rencontres et un téléphone portable, jusque tard dans la nuit. Lors du premier procès, l'adolescente a expliqué avoir agi sous la contrainte, bien qu'elle aurait parfois pu fuir. Son avocate avait souligné qu'elle était « terrifiée ». Les prévenus contestent cette version.

Des prévenus aux profils variés

Dans le box des détenus, un jeune homme de 18 ans comparaît détenu, suspecté d'avoir profité de l'argent de la prostitution. Un autre prévenu, libre, se présente à la barre avec un bracelet électronique au pied, vestige d'une précédente condamnation pour stupéfiants à Avignon. La présidente Mouttet a dû rappeler à l'ordre un prévenu : « Vous n'êtes pas obligé d'employer ce ton arrogant. » Un adolescent mineur, Yassine, a déjà été reconnu coupable définitivement par la juridiction des mineurs.

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« Une barbarie à visage humain »

Me Florence De Prato, avocate de la partie civile, a décrit des violences subies par l'adolescente : « Elle a été frappée pour être contrainte à la prostitution. » Elle évoque « une barbarie à visage humain », des prévenus avec « des têtes d'ange » mais inscrits dans « une délinquance chevronnée, très lucrative ». L'audience de première instance avait provoqué une décompensation chez la jeune fille, désormais « complètement détruite ».

Des réquisitions fermes de l'accusation

L'avocate générale a qualifié l'affaire d'« extrêmement grave », impliquant des jeunes gens qui agissaient parfois pour financer leurs dépenses courantes. Elle a souligné les traces de violences sur le corps de l'adolescente et une infection sexuellement transmissible contractée. Rejetant la thèse d'une prostitution librement consentie, elle a requis des peines plus lourdes qu'en première instance : huit ans de prison ferme pour un prévenu, six ans pour d'autres, et deux ans avec sursis probatoire pour deux suspects.

La défense plaide la modération

La défense a commencé à plaider, tentant de nuancer les rôles. Me Alliez a notamment défendu une prévenue, tante d'un suspect, qui avait mis à disposition un appartement. Les débats se poursuivent devant la cour d'appel.

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