À la cour d'assises de Loire-Atlantique, le procès de Martin Ney, pédocriminel allemand accusé du meurtre du petit Jonathan Coulom, se poursuit. Pour son onzième anniversaire, Jonathan avait demandé un camion de pompiers. Mais le 29 avril 2004, le garçon était porté disparu. Vingt-deux ans plus tard, la douleur reste vive pour ses proches. Jonathan avait été enlevé lors d'une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins et retrouvé mort un mois plus tard, nu et lesté d'un parpaing, dans un étang de Guérande.
Le témoignage de la mère et du père
Virginie Lacombe, la mère de Jonathan, a assisté à l'intégralité des débats depuis l'ouverture du procès. Partie civile, elle n'a pas souhaité prendre la parole ce mercredi après-midi, restant silencieuse aux côtés de Stéphane Coulom. Ce dernier, bien que n'étant pas le géniteur de Jonathan, l'a toujours considéré comme son fils. Il raconte le poids de la culpabilité qui l'a longtemps habité : en 2004, le couple traversait des difficultés financières. « C'est moi qui ai insisté pour qu'il parte en voyage, je l'ai emmené au car ce matin-là », confie-t-il. Il se souvient du dernier contact avec l'enfant, quelques jours avant le terrible appel du maître d'école annonçant sa disparition.
Stéphane Coulom n'a jamais cru à l'hypothèse de la fugue. « C'est impossible, Jonathan avait peur du noir », explique-t-il, rappelant que son fils avait besoin d'étoiles collées au plafond pour s'endormir. Il décrit la course contre la montre pour rejoindre la Loire-Atlantique, les cris et les pleurs de la famille recomposée.
La sœur aînée prend la parole
Laeticia Coulom, âgée de 11 ans au moment des faits, considérait Jonathan comme un jumeau. Elle se souvient des parties de dominos, des concours de coloriages et des films Disney regardés ensemble. Sa prise de parole n'était pas prévue : « Je me suis décidée il y a une heure », confie-t-elle, les mains crispées sur un papier. Protégée des détails sordides pendant des années, elle a ressenti le besoin de lire le dossier il y a six ans. La semaine dernière, elle a vu les photos du corps de son petit frère. « C'est important pour moi de savoir ce qu'il s'est passé, j'attends des réponses, que Jonathan soit reconnu comme la victime de quelqu'un. »
Après ces témoignages, des photos de « l'enfant sourire au regard bleu » sont projetées. Martin Ney, impassible, ne manifeste aucune émotion. Le visage rayonnant de Jonathan, entouré des siens, reste gravé dans les mémoires, porté par l'espoir enfantin qu'il revienne pour son anniversaire.



