Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné ce mardi 23 juin un homme de 26 ans à quatre ans de prison, dont deux ans ferme, pour des agressions sexuelles sur une mineure de 16 ans. Les faits se sont déroulés en mars 2023 après une soirée alcoolisée. La victime, qui a depuis déménagé hors de France, a décrit une nuit d'horreur.
Une nuit de cauchemars
La jeune femme, aujourd'hui âgée de 19 ans, a expliqué avoir été abusée par son manager de l'époque, qu'elle considérait comme son meilleur ami. Selon le président du tribunal, elle a déclaré : "J'ai eu l'impression d'être dans une série de cauchemars interminables." Après la soirée, elle s'est endormie dans le lit de son supérieur, qui en a profité pour l'agresser sexuellement. "Il était sur elle et se masturbait. Il a glissé sa main dans le short de la victime et l'a pénétrée digitalement. Et pendant tout ce temps, elle pleurait", a relaté le magistrat. Les agressions ont duré jusqu'au petit matin.
Des preuves accablantes
Le prévenu, qui comparaissait libre, a d'abord évoqué un manque de souvenirs, affirmant avoir eu "quelques flashs" et pensé être seul. Cependant, le président lui a rappelé qu'il avait reconnu les faits en garde à vue. Des éléments accablants ont été présentés, notamment un message envoyé à la victime après les faits : "J'ai l'impression que j'ai fait de la merde. Que je me suis servi de toi." Plus troublant encore, l'historique de ses recherches sur ChatGPT montrait qu'il cherchait à savoir si les pénétrations digitales laissent des traces d'ADN. Au terme de l'enquête, seules les agressions sexuelles ont été retenues.
Les conséquences pour la victime
Me Morgane Joseph, avocate de la victime absente à l'audience, a souligné les séquelles : angoisses, prise de poids, relations amoureuses compliquées, et le fait d'avoir dû supporter ceux qui disaient qu'elle dramatisait. Elle a demandé près de 40 000 euros au titre du préjudice moral et matériel. "Aujourd'hui, ce qu'elle veut, c'est pouvoir tourner la page", a-t-elle déclaré.
Les réquisitions et la peine
Le procureur Stéphane Bertrand a fustigé le comportement du prévenu, estimant qu'il avait "profité du fait que la victime soit à sa merci pour se servir d'elle comme un objet". Il a requis quatre ans de prison dont trois ans ferme avec mandat de dépôt. En fin d'audience, le prévenu a présenté ses excuses, reconnaissant : "Au vu des preuves accablantes qu'elle a apportées, elle doit dire la vérité." Le tribunal l'a condamné à quatre ans de prison dont deux ans assortis d'un sursis probatoire de trois ans, avec obligations de travail, soins, interdiction de contact avec la victime et indemnisation. Il est également inscrit au fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais). À l'issue de l'audience, il a été escorté par les policiers, menottes aux poignets, pour purger sa peine.



