Le premier procès public pour des violences sexuelles présumées dans le cadre du périscolaire parisien s'est conclu par une relaxe. Le 7 juillet 2025, le tribunal correctionnel de Paris a acquitté un animateur de 34 ans, employé dans une école maternelle du 13e arrondissement, des accusations d'agressions sexuelles sur deux fillettes de 4 et 5 ans. Les faits remontent à l'année scolaire 2023-2024.
Des accusations graves mais des preuves insuffisantes
L'animateur était poursuivi pour avoir touché les parties intimes des enfants sous leurs vêtements lors des temps périscolaires. Les deux fillettes avaient décrit des gestes précis aux enquêteurs, mais aucune preuve matérielle ni témoin direct n'a été retrouvé. Selon le parquet, les auditions d'enfants, réalisées par des psychologues, ont montré des récits cohérents mais sans élément corroborant.
La défense a plaidé le doute raisonnable, soulignant que l'animateur n'avait aucun antécédent judiciaire et que les accusations étaient intervenues après un conflit entre parents et la direction de l'école. "Mon client a toujours nié les faits, et l'enquête n'a pas établi de certitude", a déclaré son avocate, Me Sophie Lemoine.
Un verdict qui suscite des réactions contrastées
La relaxe a provoqué la colère des parties civiles. "C'est un coup dur pour les victimes, mais nous respectons la décision de justice", a indiqué l'avocat des familles, Me Julien Delaunay. Les associations de défense des droits de l'enfant ont dénoncé un manque de moyens dans l'enquête. "Dans 90 % des cas de violences sexuelles sur mineurs, il n'y a pas de preuve matérielle. Il faut mieux former les enquêteurs", a affirmé la porte-parole de l'association Enfance en Danger.
De son côté, la mairie de Paris a rappelé que l'animateur avait été suspendu dès le signalement et qu'il ne travaillait plus dans les écoles depuis. "Nous avons renforcé les contrôles et la formation du personnel périscolaire", a précisé l'adjointe à l'éducation, Anne-Claire Boux.
Un précédent judiciaire pour le périscolaire parisien
Ce procès est le premier du genre à être public dans le cadre du périscolaire parisien, alors que plusieurs affaires similaires ont été traitées à huis clos. Selon les chiffres de l'Éducation nationale, 12 signalements pour violences sexuelles ont été recensés dans les écoles parisiennes en 2024, dont 4 concernant le périscolaire. Seuls 2 ont abouti à des condamnations.
La relaxe pourrait avoir un impact sur les futures procédures, les magistrats étant souvent réticents à condamner sans preuves tangibles. "Le bénéfice du doute est un principe fondamental de notre droit, mais il ne doit pas devenir un obstacle à la protection des enfants", a commenté le procureur lors de l'audience.



